DES Module de radioprotection et dosimétrie





Intitulé : Limitation des doses en radiodiagnostic chez la femme
Nature : Résumé
Auteur : Jacques GRELLET
Source : EPU Centre Antoine Béclère
Mots-clés : Grossesse et Rx, Pratiques médicales de radioprotection



LIMITATION DES DOSES EN RADIODIAGNOSTIC CHEZ LA FEMME

J. GRELLET

La radioprotection de la femme s'est, jusqu'à présent, élaborée autour de sa seule fonction de gestation. "Limiter les doses chez la femme " doit être compris comme " limiter les doses à l'embryon ou au foetus ". Deux règles guident dans ce champ les actes de radiodiagnostic :

1. Lorsqu'une grossesse est diagnostiquée ou simplement suspectée ( éventualités équivalentes en ce qui concerne leur caractère normatif ), toute irradiation est contre-indiquée. Un examen radiologique ne sera exceptionnellement autorisé que si son caractère indispensable et bénéfique le justifie, face au risque encouru en y renonçant.

2. Si une femme enceinte a été malencontreusement irradiée, une interruption de grossesse doit être proposée, lorsque la dose absorbée par le conceptus excède 200 mGy ( 20 rads )

La dose de 200 mGy, avancée par le NCRP ( 1953 ) a été adopté par l'ensemble des organisations internationales.
Elles constitue donc un point d'ancrage, que, seul un nouveau consensus à l'échelle mondiale serait susceptible de déplacer.

Son caractère absolu étant admis, deux questions se posent :

Comment, en pratique, mesurer cette dose ?

La dose " au conceptus " n'est pas, en pratique, toujours facile à calculer avec précision. Les simulations ne sont possibles que si les conditions d'exposition sont exactement connues. Les radiologistes devraient prendre l'habitude d'indiquer sur le compte rendu d'examen les conditions d'irradiation (ou la dose d'exposition) pour tout examen irradant le pelvis chez la femme en âge de procréer.

Quelle protection réelle existe-t -il, à l'abri de cette dose-frontière, quant à l'avenir de conceptus irradié ?

La dose limite de 200 mGy parait offrir une sécurité assez bonne, en ce sens qu'il est peu probable qu'un embryon ou un foetus, exposé à une dose inférieure, ait à en souffrir ultérieurement, c'est à dire au cours de sa vie d'enfant ou d'adulte et dans sa descendance.

Il ne faut pas néanmois cacher qu'elle ne met pas à l'abri de la totalité des risques, si les hypothèses retenues pour calculer ces risques sont fiables.

Devant la difficulté d'apprécier la réalité de ces risques et aussi longtemps qu'on ne pourra prouver leur sus ou sous-évaluation, il paraît raisonnable de maintenir cette dose-limite.

Il faut souhaiter qu'un observatoire national, puis européen, soit rapidement institué qui permettra le suivi systématique de la descendance de la cohorte des femmes qui ont été malencontreusement irradiées au cours de leur grossesse.




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Page modifiée le 19/02/2003 à 15h12.


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