IRRADIATION DES PERSONNELS EN RADIODIAGNOSTIC ET EN MÉDECINE NUCLÉAIRE
B. AUBERT, Institut Gustave Roussy, Villejuif
Le personnel est soumis à un risque d'exposition externe, aussi bien
en Radiodiagnostic qu'en Médecine Nucléaire. Pour cette dernière
modalité, il est également soumis au risque d'exposition interne
en raison de l'utilisation de sources non scellées.
En radiodiagnostic dans la majorité des cas, l'opérateur est
situé à proximité de l'appareil dans la salle d'examen,
derrière un paravent de protection. Cependant, certaines procédures
très spécialisées ou certaines application ( radios au
lit de malade, de bébés ou d'enfants et certaines études
à l'aide de produit de contraste ) ne permettent pas de bénéficier
de cette protection et peuvent imposer la présence d'un opérateur
près du malade pendant la radioscopie ou la prise de clichés.
Pour l'opérateur, le risque majeur provient alors de rayonnement diffusé
par le patient et éventuellement par des accessoires ou des parois, l'usage
d'un cordon pour le déclenchement à distance de l'installation
et / ou le port de gants et de tablier de protection permettent de limiter le
niveau d'exposition du personnel à une valeur très faible.
En médecine nucléaire, les radiopharmaceutiques sont préparés
et manipulés manuellement ; après injection, le patient contitue
la source. En plus du risque d'exposition externe, existe celui d'exposition
interne suite à une contamination externe et / ou interne.
A l'heure actuelle, la grande majorité des examens à but diagnostic
sont à base de technétium 99m, avec des activités comprises
entre 40 MBq et 1 GBq. Dans les applications thérapeutiques, on utilise
principalement l'iode 131, avec des activités jusqu'à 4 GBq dans
les traitements des cancers thyroïdiens et, depuis l'apparition de la mIBG
( méta-iodobenzyleguanidine ) pour le traitement des phéochromocytomes,
jusqu'à 8 GBq. Les caractéristiques des sources utilisées
en Médecine Nucléaire nécessitent une radioprotection particulière
basée sur la conception et l'aménagement des locaux visant à
limiter tout risque et toute conséquence d'une contamination. On retiendra
plus particulièrement deux risques : l'irradiation des doigts en raison
des activités élevées de technétium 99m manipulées
et la contamination interne par inhalation d'iode 131 en raison de son caractère
volatil et de sa radiotoxicité.