RÉGLEMENTATION, RECOMMANDATIONS pour la limitation des doses en radiodiagnostic chez l'enfant
PH. DEVRED , PH. PETIT
Le développement des moyens d'imagerie entraîne de façon
très insidieuse une banalisation de la prestation radiologique à
l'âge pédiatrique. La nocivité réelle de cette irradiation
ne peut être évaluée, mais il est essentiel d'en limiter
les risques. L'action doit être menée à deux niveaux : au
niveau technique et au niveau médical.
Les progrès techniques ont contribué globalement à une
baisse générale des doses utilisées en radiodiagnostic.
Il persiste cependant des écarts importants entre l'irradiation délivrée
pour un même examen en fonction de type de l'installation et du protocole
technique choisi. Ceci est très sensible en pédiatrie où
il faut utiliser tous les moyens visant à réduire la dose nécessaire
à la réalisation d'un examen : couple écran-film, localisateurs,
numérisation, contrôles des générateurs, utilisation
de centreur limineux, mais aussi moyens d'immobilisation et de concentration,
protections plombées, position du tube par rapport aux organes sensibles...
Il est proposé un guide européen de recommandations en ce qui
concerne les protocoles techniques de la plupart des examens habituels de radiodiagnostic
en pédiatrie.
La prescription des examens d'imagerie est le deuxième niveau essentiel
du contrôle de l'irradiation. C'est le médecin radiologiste, ayant
une connaissance pédiatrique, qui doit choisir la technique d'imagerie
la mieux adaptée pour répondre aux questions que lui pose le clinicien.
Ceci doit se faire dans une ambiance de concertation et de discussion où
chacun utilise ses compétences. Ainsi pourront être privilégiés
chaque fois que cela est possible l'échographie, méthode particulièrement
performante chez l'enfant, l'IRM, voire la scintigraphie. Le radiologiste, correctement
orienté, n'effectuera au cours des examens radiologiques que les incidences
nécessaires et suffisantes pour répondre au problème posé.
Par exemple, une UIV ou un TOGD chez l'enfant comportent beaucoup moins de clichés
que chez l'adulte, et les incidences pratiquées ne sont pas les mêmes,
la pathologie recherchée n'étant pas la même.
Le contrôle de la technique et celui de la prescription sont les éléments
clés de la radioprotection chez l'enfant.