DES Module de radioprotection et dosimétrie





Intitulé : Réglementation et recommandations en médecine nucléaire
Nature : Résumé
Auteur : Dominique DUCASSOU
Source : EPU Centre Antoine Béclère
Mots-clés : Pratiques médicales de radioprotection, TECHNOLOGIE



RÉGLEMENTATION, RECOMMANDATIONS en médecine nucléaire

D. DUCASSOU, Service de Biophysique et médecine nucléaire, CHRU de Bordeaux

Au lendemain de la découverte de la radioactivité I et F JOLIOT CURIE signalaient que l'on devait " prévoir l'emploi de ces éléments radioactifs en tant qu'indicateur pour étudier le comportement de leurs isotopes inactifs dans certaines réactions chimiques ou dans les phénomènes biologiques ". En 1943, G. HEVESY obtenait le prix Nobel de chimie pour l'ensemble de ses travaux sur l'utilisation des isotopes comme indicateurs dans l'étude des processus chimiques. Ainsi naissait une nouvelle discipline médicale qui, par la suite, devait prendre le nom de Médecine Nucléaire.

Dès la découverte de la radioactivité artificielle, des applications médicales des radioéléments furent envisagées particulièrement aux Etats-Unis. En 1936, le Phospore 32 était utilisé comme agent thérapeutique de la leucémie et quelques années plus tard, l'iode 131, isolé des produits résultant de la fusion de l'Uranium 92 commençait à être utilisé pour l'étude du fonctionnement de la thyroïde et servit dès 1940 à traiter certains cas d'hyperthyroïdie.

La Médecine Nucléaire se définit comme le regroupement des applications des substances radioactives en sources non scellées au diagnostic et à la thérapie.

L'étude diagnostique s'excerce dans l'imagerie fonctionnelle et dans deux domaines où l'image est absente : l'exploration d'une fonction physiologique dont le radioélément est le traceur ; les dosages radioimmunologiques dont le principe fut établi en 1960 par S. BERSON et R. YALOW et valut à cette dernière le prix Nobel de Médecine en 1977.

L'activité thérapeutique utilise l'effet destructeur de rayonnement particulaire émis par certains radioéléments sur les cellules qui les ont concentré. Le radioélément peut être intégré dans la chaîne métabolique du processus pathologique à traiter. Un exemple historique et toujours très actuel de cette thérapie métabolique est l'utilisation de l'iode 131 dans le traitement des affections thyroïdiennes.

En radiothérapie interstitielle, le radioélément n'est pas spécifique mais injecté à proximité de processus pathologique. La thérapie articulaire en est un exemple.

Dès ses origines, l'évalution de la Médecine Nucléaire s'est trouvée confrontée d'une part à l'essor des traceurs qui sont devenus de véritables radiopharmaceutiques dont la préparation, la conservation et l'usage reposent sur des règles très strictes, d'autre part au développement de l'instrumentation lui-même sous la dépendance des progrès de l'électronique et de l'informatique.

J.C. ARTUS ayant abordé l'évolution de l'instrumentation, je voudrais mettre l'accent sur l'importance du radiopharmaceutique. En Médecine Nucléaire, le traceur radioactif mis en jeu et choisi en fonction de l'organe à explorer peut être le radioélément lui-même tel l'iode 131 ou 123 en scintigraphie thyroïdienne, le Thallium 201 en scintigraphie myocardique. Ce peut être aussi une molécule ou un élément figuré du sang marqué au moyen d'un isotope radioactif tel que l'iode 131, l'indium 111 ou le technetium 99m, tous émetteurs de rayonnements gammas. Dans ce cas, le radioélément permet de suivre par détection externe le cheminement du vecteur et sa distribution au sein d'un organe ou d'un tissu.

La Médecine Nucléaire trouve dans le développement des radiopharmaceutiques un potentiel toujours renouvelé d'investigations cliniques. La mise au point des générateurs de radioisotopes reposant sur la production, par filiation radioactive, des radioéléments servant de marqueurs à de nombreux composés à tropisme sélectif, a permis une extension rapide des explorations pratiquées. Le technetium 99M constitue le radioélément le plus utilisé. Il émet un rayonnement gamma pur d'énergie adaptée aux détecteurs à scintillations utilisés et sa période physique de 6 heures autorise les différentes explorations sans irradiation inutilement prolongée du patient. Dans des centres pratiquant la tomographie par émission de positons, les radiochimistes sont confrontés au double problème de la préparation des vecteurs spécifiques et de la mise au point de techniques de marquages extrèmement rapides en raison de la très courte période physique des radioisotopes produits par cyclotron.

Ainsi, l'avenir de la Médecine Nucléaire est liée à la production de nouvelles molécules spécifiques des atteintes physiopathologiques des organes. Cette approche fonctionnelle constitue un outil diagnostic puissant, distinct de l'évolution des seuls changements structuraux qui peuvent être appréciés par d'autres méthodes diagnostiques.

Les difficultés méthodologiques liées à l'utilisation des nouveaux traceurs ne peuvent être résolues que par un effort conjoint de développement de l'instrumentation et des méthodes mathématiques d'analyses des données.

Aujourd'hui, la multiplicité des techniques offertes aux cliniciens pour étayer un diagnostic conduit à comparer les avantages et les inconvénients de chacune d'elle, en considérant tous les aspects y compris leur nocivité.

En Médecine Nucléaire, la réduction de l'irradiation des patients soumis,aux examens tient à l'existence d'installations adéquates et à la possibilité de disposer de radiopharmaceutiques de qualité. Comme cela a été souligné par I. GARDIN, J.C. ARTUS et B. BOK, l'activité mise en jeu pour réaliser un examen tient compte à la fois des caractéritiques de l'appareillage utilisé, de la qualité de l'information requise et du temps disponible. Avant que l'usage du technetium 99m ne se généralise, la radiotoxicité des radioéléments mis en oeuvre représentait un facteur limitant malgré une limitation de l'activité administrée, la dose délivrée aux patients étant relativement élevée. Comme mentionnée par X. MARCHANDISE, l'avènement du technetium 99m a permis d'accroître la qualité de l'information tout en réduisant la dose délivrée.

La prise en compte d'un contrôle de qualité très strict de l'ensemble de la chaîne qui va de la préparation du radiopharmaceutique à l'interprétation de l'examen en passant par les conditions de réalisation de ce dernier, contribue également à la limitation des doses délivrées.

Cette évolution impose une formation adéquate des personnels concernés ainsi que des installations permettant de limiter comme B. AUBERT le souligne, les risques d'irradiation des personnels, amenés à manipuler des activités plus ou moins élevées.




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Page modifiée le 19/02/2003 à 15h11.


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