MINISTERE DU TRAVAIL ET DES AFFAIRES SOCIALES - DIRECTION GENERALE DE LA SANTE - Sous-direction de la veille sanitaire - Bureau de la radioprotection -
Groupe de travail : état de l'art des techniques de dosimétrie et analyse des besoins -
Participants : INTRODUCTION A L'ESTIMATION DES DOSES DELIVREES AUX PATIENTSLes rayonnements ionisants auxquels sont soumis les populations humaines résultent de la somme de l'irradiation naturelle et de l'irradiation artificielle, d'origine humaine, dont l'irradiation médicale représente la presque totalité (l'irradiation due aux activités nucléaires civiles ou militaires est en pratique négligeable devant l'irradiation médicale). L'irradiation médicale concerne à la fois un petit nombre de personnes irradiées à fortes doses dans un but thérapeutique dans le cadre de la radiothérapie ainsi qu'unun grand nombre de personnes irradiées à faible dose dans un but de diagnostic ou de dépistage, ce qui représente en valeur collective la source la plus importante d'irradiation après l'irradiation naturelle. Il ne faut pas oublier ou sous estimer le bénéfice que le patient est en droit d'attendre de ces procédures. L'évaluation des risques que fait courir ce supplément d'irradiation à la population est à la base de la réflexion actuelle sur la "dosimétrie patient" et s'intègre dans un triple contexte : 1. réglementaire : en particulier les nouvelles directives européennes de radioprotection:
- directive 96/29/Euratom du 13 mai 1996 fixant les normes de bases relatives à la protection sanitaire de la population et des travailleurs contre les dangers des rayonnements ionisants 2. de demande générale d'information du public sur l'ensemble des problèmes de santé.Il faut anticiper cette demande afin d'éviter un excès d'inquiétude dont les conséquences négatives seraient de très loin supérieurs au risque théorique des rayonnements. 3. de pratiques très diversifiées :On a constaté que le nombre d'examens pour mille habitants est très différent d'un endroit à l'autre au sein de l'Union Européenne et que pour des examens similaires les doses délivrées aux patients peuvent varier considérablement, pas seulement entre les pays Européens, mais aussi à l'intérieur d'un même pays ou entre 2 salles d'un même service.
La Directive "patients" rappelle les exigences concernant :
La recherche systématique de cette réduction des doses délivrées
aux patients passe par : La transposition de cette directive, avant le 13 mai 2000, va être l'occasion de revoir en profondeur les dispositions législatives, réglementaires et administratives françaises. Dans ce cadre le bureau de la radioprotection de la sous-direction de la veille sanitaire (DGS - Ministère du Travail et des Affaires Sociales) a initié une réflexion qui doit permettre de constituer des dossiers techniques pour préparer les projets de textes qui seront présentés. Un groupe de travail a été créé. L'objectif principal de ce groupe est de faire un "état de l'art des techniques de dosimétrie et une analyse des besoins". 4 sous-groupes ont été constitués chacun étant plus particulièrement amené à réfléchir à un aspect particulier. Si les aspects liés à la protection du personnel sont au centre de la réflexion menée par 3 des 4 sous-groupes constitués, un sous-groupe est chargé de réfléchir sur l'évaluation des doses délivrées aux patients au cours des examens radiologiques (dans cette réflexion ne sont abordés que les problèmes de dosimétrie liés à l'irradiation externe). EVALUATION DES DOSES DELIVREESLes paramètres de la variabilité des dosesLa variation d'exposition évoquée plus haut provient de différences dans la pratique radiologique. Il s'agit en premier lieu de la fréquence des prescription et réalisation d'actes de radiodiagnostic, et de la répartition de ces examens en fonction des classes d'âges. Il s'agit ensuite des caractéristiques propres à chaque population (corpulence...). Il s'agit enfin des conditions techniques de réalisation des examens. A ce sujet on peut citer : On peut considérer que la dose délivrée constitue un véritable indice de qualité de l'installation. Ainsi la qualité de l'image augmente d'abord sensiblement avec la dose absorbée puis atteint rapidement un palier ; tout accroissement ultérieur de la dose n'améliorant que très faiblement le niveau atteint. Une enquête de la Commission des Communautés Européennes montre que plus nombreux sont satisfaits les critères techniques proposés, plus la dose délivrée est proche de la dose optimale. Il existe donc un potentiel important pour une réduction significative des doses individuelles associées aux pratiques de radiodiagnostic que seuls les praticiens impliqués sont en mesure de réaliser. La recherche des conditions optimales reste donc une priorité en radiologie. L'estimation des doses permet : Quelles grandeurs mesurer ?
Les grandeurs recommandées pour mesurer la dose doivent:
Pour atteindre ces objectifs deux grandeurs sont disponibles : La mesure de la Dose à la Surface d'Entrée est recommandée pour les procédures radiologiques simples (Thorax, Bassin, Abdomen, Crâne, Rachis), alors que l'on recommandera la détermination du Produit-Dose-Surface pour les procédures radiologiques complexes (UIV, Lavement baryté, TGD, Radiologie cardio-vasculaire et interventionnelle) La connaissance de ces grandeurs est essentielle. En effet, le détriment éventuel lié aux à l'utilisation des rayonnements ionisants est estimé à partir de la dose aux organes ou à la dose communiquée. Ces doses peuvent dans tous les cas être calculées à partir de la mesure de la dose à la surface d'entrée ou de la mesure du produit dose surface. 2.2.1. Dose à la Surface d'Entrée :Deux dosimétres sont communément utilisés pour mesurer les doses à la surface d'entrée durant les examens de radiodiagnostic, la chambre d'ionisation et la radiothermoluminescence (RTL). La chambre d'ionisation constitue l'appareillage de référence pour la mesure des doses dans les faisceaux de rayons X. Son encombrement et la présence d'une tension de polarisation la destine plus particuliérement à l'étalonnage des faisceaux et à la mesure sur fantôme. La RTL est une méthode dosimétrique éprouvée. De plus les dosimétres se présentent sous une grande diversité de présentations qui facilite leur utilisation. En particulier elle est bien adaptée à la mesure in vivo en plaçant les dosimétres directement à la peau des patients ou à la mesure sur fantôme. Pour les examens considérés les DSE sont habituellement exprimées en mGy. 2.2.2. Produit-Dose-SurfaceL'appareillage consiste en une chambre d'ionisation plate et suffisamment grande pour intercepter la totalité du faisceau d'examen. Elle mesure le produit de la surface du faisceau par la dose délivrée, qui est constant quelle que soit l'endroit où est effectué la mesure. Ce dosimétre est habituellement placé au niveau du collimateur (diaphragme) de l'installation. Il est plutôt utilisé pour les procédures diagnostiques complexes. Il permet de chiffrer séparément la contribution de la graphie de celle de la scopie. Habituellement le PDS s'exprime en Gy.cm2 ou cGy.cm2 pour un examen complet et en mGy.cm2 par incidence réalisée. 2.3Quelle démarche en pratique ?Dans un souci de réalisme, il pourrait être envisagé, au cours d'un contrôle de qualité annuel des installations, de mesurer les doses délivrées pour des conditions d'examen standardisées (Standardized Methods for Measuring Diagnostic X-ray exposures, AAPM report # 8, 1990). La dose mesurée à la surface d'un fantôme simple (fantômes ANSI, thorax, abdomen, rachis lombo-sacré, crâne, extrémités, mammographie, scanner) permettrait de déterminer "l'indice dosimétrique" de chaque installation pour ces conditions standards . Cela donnerait à chaque responsable de service ou cabinet la possibilité de situer ses appareils par rapport à une dose optimale et de comparer entre eux ses appareils)
Du fait de la grande variabilité biologique des différents patients examinés, la détermination de la dose sur fantôme dans des conditions standardisées est insuffisante. Il est donc indispensable : Sans avoir recours directement à la mesure des doses, les DSE peuvent être calculées à partir des paramètres de l'examen (kV, mAs, filtration, épaisseur patient...). Ceux-ci peuvent être relevés manuellement ou directement fournis par l'appareil Déjà quelques installations fournissent ces résultats et l'on peut espérer qu'avec la multiplication des appareils numérisés modernes ces possibilités seront offertes en standard par les constructeurs. Réduction des dosesLa justification des actes
Elle consiste à ne pas effectuer d'examens entraînant 'inutilement' une exposition, soit parce que leur apport diagnostique est trop faible, soit parce qu'ils peuvent aisément être remplacés par des techniques diagnostiques qui n'utilisent pas les rayonnements ionisants (échographie, IRM ...). Ce principe de justification s'exerce à deux niveaux : L'optimisation des procédures radiologiques doit permettre une réduction significative des doses délivrées. Il est nécessaire de rappeler que les méthodes de réduction de la dose délivrée sont assez générales et peuvent s'appliquer en tout ou partie à l'ensemble des examens. Pour y arriver, il faut posséder une parfaite maîtrise des procédures radiologiques et des facteurs techniques de l'examen. Applications des principes d'optimisation et de justification aux procédures radiologiques
1. Se limiter aux examens et aux expositions nécessaires Applications du principe d'optimisation aux facteurs techniques
1. Choisir les récepteurs les plus sensibles compatibles avec une qualité d'image suffisante au diagnostic. Formation des personnelsLa mise en oeuvre des recommandations précédentes imposent une formation initiale et une formation continue ainsi qu'une incitation permanente des personnels concernés Médecins et Techniciens, Quelle information fournir au patient ?La dose indiquée au patient doit-être la dose efficace. Elle doit être établie à partir de l'indice dosimétrique de l'installation, de la procédure réellement mise en oeuvre (paramètres de l'examen, nombre d'expositions) et de la dose de référence de l'examen. Pour sa communication au patient (compte-rendu d'examen, carnet ou carte de santé...)la dose par examen pourrait être exprimée par comparaison à l'irradiation naturelle. Un scanner, par exemple, pourrait valoir 5 années d'irradiation naturelle. RECOMMANDATIONS DU GROUPE DE TRAVAIL POUR LA TRANSPOSITION DE LA DIRECTIVE EUROPEENNE:
1. Le contrôle de qualité des installations et l'évaluation de la qualité des images obtenues doit être une obligation légale.
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