Le lien ci dessus pointe vers le texte de présentation de l'ordonnance
n°2001-270 du 28 mars 2001 adoptant les mesures législatives nécessaires
à la transposition des directives Euratom 96-29 et 97-43. Ces textes étaient
attendus depuis longemps puisque ces directives sont censées s'appliquer
depuis le 13 mai 2000 dans toute l'Union européenne.
Le texte complet de l'ordonnance est présenté par ailleurs. Bonne
lecture.
J.O. Numéro 77 du 31 Mars 2001 page 5056
Textes généraux : Ministère de l'emploi et de la solidarité
Rapport au Président de la République relatif à l'ordonnance n° 2001-270 du 28 mars 2001 relative à la transposition de directives communautaires dans le domaine de la protection contre les rayonnements ionisants (NOR : MESX0100025R)
Monsieur le Président,
Les articles qui sont proposés ont pour objet de fixer les mesures législatives
nécessaires à la transposition des directives 90/641/EURATOM,
96/29/EURATOM et 97/43/EURATOM relatives à la protection des personnes
contre les dangers des rayonnements ionisants, ainsi que les mesures d'adaptation
qui y sont liées.
Ils modifient le code de la santé publique et le code du travail pour
y introduire les modifications relatives, respectivement, à la protection
de la population et à la protection des travailleurs.
I. - Dispositions relatives à la protection de la population nécessaires à la transposition des directives 96/29/EURATOM et 97/43/EURATOM (art. 1er à 8)
Pour ce qui concerne la protection de la population contre les dangers des rayonnements
ionisants, la transposition en droit national des directives EURATOM 96/29 et
97/43 nécessite, pour plusieurs dispositions, un élargissement
de la base législative disponible contenue dans le code de la santé
publique, mais aussi une mise à jour des dispositions existantes. Ce
travail de transposition sera poursuivi par la publication de décrets
en Conseil d'Etat.
Le projet d'ordonnance vise la totalité des activités comportant
un risque d'exposition des personnes aux rayonnements ionisants (art. 2), qu'il
s'agisse d'applications à des fins médicales, industrielles et
de recherche. Il inclut également les interventions humaines destinées
à prévenir ou à réduire un risque radiologique consécutif
à un accident dû à une contamination de l'environnement.
Ce projet permet d'introduire dans le code de la santé publique les grands
principes de radioprotection tels qu'ils ont été définis
par la Commission internationale de protection radiologique (CIPR) : il s'agit
des principes de justification, d'optimisation et de limitation des doses reçues
par les personnes du fait de l'utilisation des rayonnements ionisants.
Sur la base de ces principes, il est proposé de mettre à jour
le régime des interdictions et des autorisations d'utilisation des rayonnements
ionisants et d'établir dans la loi les fondements des règles de
gestion des radionucléides, artificiels ou naturels. Cette mise à
jour a notamment pour effet de soumettre le Commissariat à l'énergie
atomique au droit commun alors qu'il bénéficiait d'un régime
d'autorisation permanente, sans aucune forme de procédure particulière.
Ceci conduit à supprimer également la commission interministérielle
des radioéléments artificiels dont le secrétariat permanent
était confié au CEA.
La transposition de la directive 96/29 conduit, de plus, à prévoir
des dispositions nouvelles pour évaluer et réduire l'exposition
au rayonnement naturel, en particulier l'exposition au radon, lorsque les activités
humaines contribuent à son renforcement (art. 2).
Conformément encore à cette directive, le projet d'ordonnance
étend les règles existantes de gestion des sources radioactives
artificielles aux sources radioactives naturelles (art. 3). Ce même article
introduit, en application de la directive 97/43, une obligation générale
de formation des professions médicales aux questions ayant trait à
la protection des patients.
Un nouveau régime de sanctions pénales accompagne enfin les autorisations
et les interdictions visant la détention et l'utilisation de sources
de rayonnements ionisants (art. 6 et 7).
II. - Dispositions relatives à la protection des travailleurs nécessaires
à la transposition des directives 90/641/EURATOM et 96/29/EURATOM (art.
8 à 10)
La directive 90/641/EURATOM prévoit un dispositif spécifique de
protection des travailleurs extérieurs. Bien qu'elle ait déjà
fait l'objet de textes de transposition par voie réglementaire en 1998,
il est nécessaire de mettre la législation française en
conformité avec cette directive quant aux travailleurs non salariés
et exposés aux rayonnements ionisants puisqu'elle vise non seulement
les travailleurs extérieurs employés à titre permanent
ou à titre précaire, mais aussi ceux qui interviennent en qualité
de travailleurs non salariés.
Par ailleurs, la directive 96/29/EURATOM met en place un dispositif global et
novateur en matière de protection des personnes, et notamment des travailleurs,
salariés ou non, contre les dangers des rayonnements ionisants. L'essentiel
de la transposition sera faite par voie réglementaire par décret
en Conseil d'Etat sur la base du futur fondement législatif spécifique
à la protection des travailleurs contre les dangers des rayonnements
ionisants dont la création dans le code du travail, à l'article
L. 231-7-1, fait l'objet de la présente ordonnance (art. 10).
Cette mise en conformité s'accompagne de mesures d'adaptation liées
à la transposition tant de la directive 90/641/EURATOM que de la directive
96/29/EURATOM : elles tendent à renforcer la protection des travailleurs
précaires, extérieurs ou non, afin de permettre le suivi médical
de ces travailleurs et d'éviter que de fortes expositions subies sur
le lieu de travail conduisent à réduire les possibilités
d'emploi futures de ces salariés précaires (art. 8 et 9). Ainsi,
l'article 8 de la présente ordonnance prévoit les conditions dans
lesquelles le travail sous rayonnements des salariés sous contrat à
durée déterminée (CDD) et sous contrat d'intérim
est possible. L'exposition ne peut dépasser un seuil égal à
la valeur limite annuelle d'exposition aux rayonnements fixée par décret
en Conseil d'Etat, rapportée à la durée du contrat. A échéance
du contrat et dans l'hypothèse où l'on constate un dépassement
de la dose initialement fixée, l'employeur est tenu de proposer une prorogation
du contrat (CDD) ou bien de plusieurs contrats (intérim), jusqu'à
ce que la dose redevienne conforme à la valeur limite annuelle d'exposition.
L'article 9 sanctionne cette obligation.
III. - Dispositions relatives à l'outre-mer
Enfin, conformément au champ d'application géographique du traité
instituant la Communauté européenne de l'énergie atomique
(EURATOM), les dispositions de la présente ordonnance sont rendues applicables
dans les territoires d'outre-mer des îles Wallis et Futuna et des Terres
australes et antarctiques françaises ainsi que dans la collectivité
territoriale de Mayotte (art. 11 et 12), étant rappelé qu'elles
s'appliquent de plein droit dans la collectivité territoriale de Saint-Pierre-et-Miquelon
et dans les départements d'outre-mer. La Nouvelle-Calédonie et
la Polynésie française ne sont pas concernées par la présente
ordonnance qui intervient dans des matières de la compétence de
leurs institutions propres.
Ce projet a reçu un accueil favorable de la commission permanente du
Conseil supérieur de la prévention des risques professionnels,
de la Commission nationale d'hygiène et de sécurité du
travail en agriculture et du Comité de l'énergie atomique. Il
a par ailleurs été transmis à la Commission européenne,
conformément à l'article 33 du traité EURATOM.
Tel est l'objet de la présente ordonnance que nous avons l'honneur de
soumettre à votre approbation.
Veuillez agréer, Monsieur le Président, l'assurance de notre profond
respect.