CONSÉQUENCES DES IRRADIATIONS: Effet cancérigène chez les patients
Florent de VATHAIRE, INSERM
L'étude des groupes de sujets irradiés pour des raisons médicales a apporté beaucoup à la connaissance épidémiologique des effets cancérigènes des radiations ionisantes, et constinue à la faire. Par rapport aux cohortes de sujets irradiés pour d'autres raisons, celles des sujets irradiés pour des raisons médicales sont souvent caractérisées par une bonne dosimétrie, et une variation importante de la dose locale, d'un sujet à un autre. Ces deux qualités sont essentielles pour l'étude de la relation entre la dose de radiation reçue localement et le risque d'un cancer à un siège particulier. Elles ont permis à l'étude des malades d'apporter une contribution très importante à la connaissance des leucémies, des cancers du sein, de l'os et de la thyroïde radio-induits. Ceci est tout particulièrement vrai pour les enfants, beaucoup plus sensibles aux effets des radiations que les adultes. Bien qu'elle ne soit pas cantonnée à ce sujet, l'étude épidémiologique des malades irradiés permet d'estimer les conséquences des doses localement élevées. Ces doses, trop fortes pour avoir été reçues par des sujets irradiés de manière à peu près homogène, comme les survivants japonais des bombardements américains, peuvent néanmoins correspondre à certains types d'irradiations ou de contaminations accidentelles. Or, la connaissance précise de leurs effets ne peut être déduite de celle des effefs des doses plus faibles. Les cohortes de malades ont permis et permettront d'aborder l'étude des effets du débit de dose, en dissociant ce problème de celui des faibles doses. Ceci n'est pas possible avec les études des travailleurs. Enfin, elles ont tout récemment permis d'améliorer la connaissance du risque cancérigène à très long terme après irradiation dans l'enfance. A l'opposé de ce qui était admis jusqu'alors, le facteur multiplicatif de risque, par rapport à la population générale, n'est pas constant dans le temps, mais au contraire décroît. Le phénomène est le même chez les adultes, mais il est plus difficile de l'étudier car le facteur de risque est plus faible.
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