L'assurance de qualité et sa mise en oeuvre, du point de vue de la santé publique
Docteur E. MARSHALL-DEPOMMIER, direction Générale de la Santé - Ministère du Travail et des Affaires Sociales
Le point de vue de santé publique de la Direction Générale de la Santé concernant le problème de l'irradiation des patients au cours des procédures diagnostiques ou thérapeutiques utilisant les radiations ionisantes est simple : l'objectif est de réduire au minimum indispensable l'irradiation délivrée. Cet objectif a plusieurs conséquences. L'indication de la procédure doit être formelle, c'est-à-dire qu'elle doit être médicalement justifiée et nécessaire au diagnostic ou à la procédure thérapeutique. Elle doit être discutée en fonction des autres techniques d'exploration disponibles (endoscopiques, explorations fonctionnelles, techniques d'imagerie non irradiante) dans le cadre d'une stratégie diagnostique reconnue consensuellement par les professionnels comme étant la référence de bonne pratique. Une bonne stratégie d'exploration en imagerie envisage avant tout l'utilité de la procédure pour l'établissement du diagnostic ou pour le choix de la stratégie thérapeutique. La responsabilité de l'indication est en théorie exclusivement celle des radiologues, mais en pratique, ils se comportent souvent comme les prestataires de service des "prescripteurs", or ce sont les radiologues qui connaissent les techniques les mieux adaptées pour résoudre le problème posé par les cliniciens. C'est un thème qui a été abordé aux Journées Françaises de Radiologie de 1995 lors d'une séance présidée par Monsieur le Professeur Vadrot. Une fois l'indication posée, il faut choisir l'endroit où sera réalisée cette procédure : ce choix doit tenir compte de la compétence de l'équipe médicale et des conditions techniques de réalisation nécessaires à la réalisation d'un examen de qualité. En effet, la durée d'exposition et donc l'irradiation d'un patient est d'autant plus brève que le praticien est compétent (rapidité de prise de décision au vu des images, rapidité du geste, temps de scopie courts, limitation au strict nécessaire du nombre de clichés ou coupes par la compréhension du problème médical posé et sa connaissance du protocole technique le plus adapté pour le résoudre).
Les conditions techniques de réalisation de la procédure doivent garantir la limitation de l'irradiation du patient : Les conditions techniques sont sous la responsabilité du radiologue qui doit avoir reçu la formation initiale et continue nécessaires pour en comprendre l'importance et les modalités de mise en place. Le rôle de l'Etat est de favoriser la mise en place des conditions de la qualité de la radiologie et le rôle des professionnels est de faire de la qualité leur préoccupation prioritaire (code de déontologie). La formation médicale continue, les guides de bonne pratique, la définition de la compétence, la mise en oeuvre d'un contrôle de qualité des équipements de radiologie sont autant de moyens qui requièrent la participation de tous les professionnels.
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