DES Module de radioprotection et dosimétrie





Intitulé : Les sources de rayonnements ionisants (EDF).
Nature : Documentation EDF.
Auteur : EDF
Mots-clés : Expositions professionnelles, Expositions (généralités).



LES SOURCES DE RAYONNEMENTS IONISANTS

 IRRADIATION NATURELLE
 IRRADIATION ARTIFICIELLE CONCERNANT L'ENSEMBLE DE LA POPULATION
 IRRADIATION ARTIFICIELLE CONCERNANT LES PROFESSIONNELS INTERVENANT A EDF OU GDF
 AUTRES SOURCES D'IRRADIATION ARTIFICIELLE PROFESSIONNELLE A EDF OU GDF

IRRADIATION NATURELLE

Les rayonnements ionisants trouvent leur origine soit dans des sources naturelles, soit dans des sources liées aux activités humaines. Dans les deux cas, les rayonnements sont de même nature et, à dose égale et débit de dose égal, ont les mêmes effets.

EXPOSITION TOTALE DUE AUX SOURCES NATURELLES

L'irradiation naturelle moyenne sur la Terre est évaluée à 2,4 mSv par an et par personne, mesurée en dose efficace. Cette valeur est due pour les deux tiers à l'irradiation interne et pour un tiers à l'irradiation externe. Son domaine habituel de variation va de 1,5 mSv à 6 mSv, en fonction des zones géographiques.

En France, l'irradiation naturelle moyenne est évaluée à environ 2 mSv par an et par personne, en dose efficace. Elle peut varier d'une région à une autre d'un facteur de 1 à 3. Elle est surtout élevée dans les Alpes du Nord, en Bretagne, dans une partie de la Corse, de la Lorraine, du Massif Central, des Pyrénées et des Vosges.

Le  tableau ° 8 présente le détail des différentes sources naturelles et leur conséquence en terme d'exposition moyenne sur le corps humain.

ENCADRE N° 1

Le carbone 14
Le carbone 14 se forme naturellement dans l'atmosphère terrestre sous l'action des neutrons cosmiques sur l'azote 14 de la haute atmosphère selon la réaction :

147N + 10n -> 146C + 11H

Le carbone 14 est rapidement oxydé en CO2 et pénètre par photosynthèse et métabolisme dans les organismes animaux et végétaux. A la mort de ceux-ci, sa teneur ne varie plus que par décroissance radioactive (phénomène utilisé pour la datation des éléments organiques).

L'EXPOSITION INTERNE D'ORIGINE NATURELLE

L'irradiation naturelle est la principale origine de l'exposition humaine aux rayonnements ionisants : le corps humain, la Terre, l'espace, sont autant de sources de rayonnements auxquelles il est difficile d'échapper ! L'homme y a toujours été soumis depuis son apparition sur la Terre.

Le radon

La cause d'exposition interne d'origine naturelle la plus importante est le radon. C'est un descendant de l'uranium contenu dans les terrains naturels (voir  encadré n° 2). Il diffuse dans l'air à partir du sol ou des matériaux de construction. Le radon se présente soit sous forme de gaz, soit fixé à des aérosols formés de particules microscopiques. Lui, et ses descendants (émetteurs alpha à vie courte), se fixent chez les êtres humains dans les voies aériennes, qu'ils irradient. Le radon inhalé dans les maisons françaises est responsable de 50 % de l'exposition naturelle, soit une dose annuelle individuelle d'environ 1,2 mSv.

Autres radioéléments

D'autres radioéléments naturels en plus du radon, sont présents dans l'organisme humain, soit fixés à un organe, soit situés dans le tube digestif. Eux aussi sont cause d'irradiation interne.
Le plus important est le potassium 40, qui se fixe en particulier dans les muscles (voir  encadré n° 2). Il est à l'origine d'une dose efficace annuelle d'environ 0,18 mSv pour chaque individu.

ENCADRE N° 2

Les constituants radioactifs de l'écorce terrestre

On appelle cette source de radioactivité la «source tellurique». Elle provient de radioéléments de période très longue, qui datent de l'origine de la Terre. Viennent s'y ajouter leurs descendants, quand ceux-ci sont radioactifs. La longueur de leur période radioactive fait qu'ils n'ont pas eu le temps de disparaître depuis la formation de notre planète. Les plus importants sont décrits ci-dessous.

Le potassium (noté "K").

Le potassium nous est nécessaire et provient de notre alimentation : sel de cuisine, produits végétaux et animaux. Il contient toujours, quelle qu'en soit l'origine, les mêmes proportions des 3 isotopes suivants : K39 et K41, qui sont stables, et K40 radioactif, dont la période est très longue (1,26 milliards d'années).

Un gramme de potassium naturel contient 37 Bq de K40.

Le potassium se fixe principalement dans les muscles. Il y a dans le corps d'un homme en moyenne 2,2 g de potassium par kilo, et 1,5 g chez la femme. Donc le corps d'un homme de 80 kg contient naturellement 6 500 Bq de potassium 40, c'est-à-dire que 6 500 désintégrations s'y produisent chaque seconde, la vie durant.

Les descendants de l'uranium 238 et du thorium 232

La période radioactive de l'uranium 238 est de 4,5 milliards d'années, celle du thorium 232 est de 14,1 milliards d'années. On trouve, parmi leurs descendants, des isotopes du radium et du radon.

Leur présence dans l'alimentation humaine

Certains radio-isotopes sont absorbés avec l'eau de boisson. Ils induisent dans l'eau douce une radioactivité moyenne de 0,37 Bq/l, alors que l'eau de mer a une radioactivité moyenne de 13 Bq/l. Les eaux minérales, en particulier celles du Massif Central, peuvent avoir une radioactivité plus élevée que l'eau naturelle potable, quand les sols que l'eau a traversés ont une radioactivité élevée. Elle peut dépasser exceptionnellement 30 Bq/l.

Les aliments sont aussi une voie d'ingestion des descendants de ces familles d'isotopes.

Leur présence dans l'air inhalé

Certains descendants présents dans ces familles isotopiques sont gazeux. Ils peuvent donc être inhalés par les poumons.
- L'uranium 238 a dans ses descendants le radium, qui, lui-même donne le radon 222.
- Le thorium a dans ses descendants le radon 220 (appelé aussi thoron).

Le plus notable de ces gaz est le radon 222, qui est un émetteur alpha et dont le point d'impact se situe au niveau des bronches. Dans les habitations, les teneurs dépendent de la nature des matériaux de construction et du sol supportant les habitations.

L'EXPOSITION EXTERNE D'ORIGINE NATURELLE

Exposition externe d'origine tellurique

L'exposition externe d'origine tellurique est celle créée par les constituants de l'écorce terrestre (voir  encadré n° 2).
L'irradiation qui en découle varie suivant la richesse du sol en thorium et en uranium.

Elle est par exemple de 15 mSv/an dans certaines régions de l'Etat de Kérala, en Inde, suite à l'abondance du thorium dans le sol.

En France, elle varie de 0,2 à 0,8 mSv par an et est en moyenne de 0,4 mSv/an. Elle est deux fois plus élevée dans les régions granitiques, telles que la Bretagne ou le Massif Central, que dans les bassins sédimentaires ou les zones crayeuses (vallées de la Loire ou du Rhône).

Exposition externe liée aux rayons cosmiques

L'importance de cette exposition externe varie principalement avec l'altitude (voir  encadré n° 3) : l'absorption des rayons cosmiques par l'atmosphère entraîne que l'exposition qu'ils provoquent double quand on s'élève de 1 500 m.

Elle est de l'ordre de 0,5 mSv/an au niveau de la mer, elle atteint 2,7 mSv/an à La Paz, en Bolivie (altitude 3600 m), et 3,1 mSv/an à Lhassa, au Tibet.

De même, un trajet Paris-New York, à une altitude de 11 000 m, dure environ 8 heures et entraîne une exposition supplémentaire de 0,03 mSv, soit deux à trois fois la dose reçue en un an à proximité d'une centrale nucléaire. La dose annuelle supplémentaire reçue par le personnel navigant des avions volant à très haute altitude atteint 1,2 mSv à 3 mSv par an, et la dose reçue par les astronautes peut atteindre plusieurs mSv par mission. Ces valeurs dépendent beaucoup de l'activité du soleil au moment du vol.

ENCADRE N° 3

Les rayons cosmiques
Ce sont des rayonnements nucléaires naturels, dus aux particules qui circulent dans l'espace interstellaire, avec des énergies très élevées Les flux de rayonnement dépendent de l'activité du soleil. On distingue deux types de rayonnements :
- le rayonnement primaire, constitué de noyaux atomiques et de particules élémentaires,
- le rayonnement secondaire, qui est dû à l'action du rayonnement primaire sur les noyaux d'azote et d'oxygène de l'air. Seules ces particules secondaires atteignent le sol.

En quoi les rayons cosmiques nous concernent-ils ?

Nous sommes concernés, pour ce qui est des doses reçues, de deux manières :
- d'une part, les particules secondaires sont pour nous une cause d'exposition externe,
- d'autre part, les rayons cosmiques produisent en permanence, par action sur l'air, des radioéléments tels que : carbone 14, tritium, béryllium 7, sodium 22. Ces radioéléments naturels, absorbés dans l'alimentation, se fixent dans notre corps.

IRRADIATION ARTIFICIELLE CONCERNANT L'ENSEMBLE DE LA POPULATION

Les radiations ionisantes sont utilisées soit comme moyen de diagnostic, soit comme moyen de traitement. L'irradiation médicale est évaluée à environ 1 mSv par an en moyenne en France et aux Etats-Unis. Elle serait plus élevée au Japon, plus faible en Angleterre.

IRRADIATION MEDICALE

Irradiation liée aux examens médicaux

Parmi les irradiations d'origine artificielle, c'est le radiodiagnostic qui est responsable de la plus grande partie de l'irradiation collective de la population.
Il s'agit d'abord des radiographies réalisées par rayons X. On estime que le nombre moyen d'examens radiologiques par an et pour 1000 personnes est de 800 dans les pays développés. Il serait de moins de 30 dans les pays aux structures de santé les moins développées.
Il peut s'agir également d'examens utilisant des traceurs radioactifs artificiels. C'est le domaine de la "médecine nucléaire". Ces radioéléments, qui vont se fixer temporairement sur des organes spécifiques, permettent de les visualiser et de détecter des anomalies de fonctionnement et de morphologie.

Irradiation liée aux traitements des malades

En radiothérapie, les doses sont souvent très élevées et peuvent atteindre plusieurs dizaines de Gy (dans le cas de fortes doses, on ne peut parler que de Gray, et non de Sievert). Elles sont mesurées de façon rigoureuse (à quelques % près). Ceci est indispensable pour détruire le mieux possible les tumeurs, en altérant au minimum les tissus sains.

Les doses sont délivrées par des sources :
- externes (cobalt, accélérateurs de particules, rayons X...),
- scellées et placées dans le corps (aiguilles ou fils d'iridium implantés dans la tumeur),
- à l'intérieur des cellules à détruire (traitement d'un cancer de la thyroïde à l'iode 131).

RETOMBEES ATMOSPHERIQUES D'ORIGINE ARTIFICIELLE

Essais militaires

Les retombées radioactives dues aux explosions militaires à l'air libre atteignent la population principalement par irradiation interne. Du fait de la décroissance radioactive des radioéléments issus de ces essais, le taux de radioactivité dans l'air a été divisé par 3 000, par rapport aux valeurs de 1963-1964, qui sont les plus élevées jamais atteintes. En plus du césium 137, on trouve des traces de carbone 14, de strontium 90, de plutonium et de transplutoniens. On a estimé à plus de 8 tonnes la quantité de plutonium ainsi dispersé depuis 40 ans.

La précision des moyens de détection des réseaux de surveillance en France permet de mesurer ces radioéléments.

Tableau 9 : Doses moyennes délivrées lors de quelques examens radiologiques (UNSCEAR 1988)
Radiographie Dose efficace (mSv) Dose à la peau
(mSv)
Moyenne Fourchette
de variation
suivant le matériel
Thorax 0,1 0,05 à 0,36 0,7
Crâne 0,15 0,13 à 1,35 2
Abdomen 1 0,3 à 4,5 3
Voies urinaires 3,5 0,7 à 10,4 20
Estomac 3,8 1,2 à 9,4 90
Gros intestin 7,7 4,6 à 10,2 97
Scanner abdominal 2,6

Scanner thoracique 4,8

Tchernobyl (voir  encadré n° 4)

L'accident de Tchernobyl a eu lieu le 26 avril 1986, par explosion du réacteur n° 4. Il en est résulté un apport global de radioéléments à l'atmosphère environ 100 fois plus faible qu'après les essais militaires aériens et 200 fois plus important qu'à Hiroshima et Nagasaki. Il a entraîné une augmentation intense de la radioactivité de l'air, mais qui a été brève car les hautes couches de l'atmosphère n'ont pas été atteintes.

Les doses reçues en 1986 par la population française ont varié de 0 à 0,15 mSv en exposition globale ; en moyenne, l'exposition résultante est de 0,05 mSv pour la vie entière, soit 2,5 % de l'exposition naturelle d'une seule année (2 mSv). On rappelle qu'en France, l'exposition naturelle peut varier du simple au double, d'une région à une autre. Il n'y a donc aucun problème sanitaire pour ce qui est de la France.

ENCADRE N° 4

Les conséquences de TCHERNOBYL

Plus de 100 000 personnes ont été évacuées, principalement dans une zone de 30 km autour du réacteur. Ces populations ont reçu avant évacuation une dose moyenne de 15 mSv, mais aussi des doses à la thyroïde, ayant pu atteindre 10 Sv chez de jeunes enfants.

800 000 travailleurs, appelés liquidateurs, sont intervenus sur le site et à proximité.

Environ 400 d'entre eux ont reçu des doses élevées allant de 1 à 10 Sv. 970 000 personnes vivent dans des zones contaminées où des mesures de radioprotection sont toujours nécessaires.

Les conséquences sanitaires de Tchernobyl sont actuellement les suivantes : - 31 personnes décédées directement des suites de l'accident.
- 140 personnes atteintes gravement d'un syndrome d'irradiation.
- Augmentation réelle et importante du nombre de cancers de la thyroïde - chez les enfants des régions contaminées.
- Pas de progression des autres types de cancers.
- Les doses reçues par les populations extérieures à l'ex-URSS sont très faibles et ne dépassent pas quelques dizaines de micro-sievert.
- Augmentation très importante (100 000) des avortements volontaires et injustifiés après l'accident.

REJETS DES CENTRALES NUCLEAIRES ET DES INSTALLATIONS DU CYCLE DU COMBUSTIBLE

En régime normal, les centrales nucléaires ainsi que les installations de préparation et de traitement du combustible ne peuvent avoir une influence sur l'exposition de la population que par suite des rejets d'effluents gazeux et d'effluents liquides. Pour chaque site, les pouvoirs publics ont fixé des limites d'autorisation de rejet très précises. Pour le niveau de rejet actuel, l'exposition d'un individu de la population la plus exposée, proche du site, est d'environ 1 microSv, soit le millième de la limite de dose réglementaire fixée pour le public dans la dernière directive européenne (1mSv).

Les rejets d'effluents radioactifs des sites sont mesurés en permanence. Une surveillance quotidienne de l'environnement proche est effectuée par les exploitants. Des bilans radioécologiques périodiques sont réalisés par l'Institut de Protection et de Sûreté Nucléaire autour des installations nucléaires françaises.

L'OPRI fixe les modalités de la surveillance de l'environnement dont doit s'acquitter l'exploitant. Il effectue régulièrement le contrôle des effluents gazeux et liquides des centrales.

AUTRES SOURCES ARTIFICIELLES

Certains appareils contiennent une légère activité, ou entraînent la formation de rayonnements ionisants. Ils peuvent provoquer une très faible irradiation de la population. Elle est inférieure à 10 µSv par an et par personne, grâce à la limitation très stricte par les pouvoirs publics des autorisations d'utilisation de corps radioactifs.

On peut citer les cadrans lumineux de montres (traités au tritium et non plus au radium ou au prométhéum), les récepteurs de télévision couleur de fabrication ancienne (de plus de 20 ans), les produits radioluminescents, les paratonnerres (interdits à la vente) et les détecteurs incendie.

IRRADIATION ARTIFICIELLE CONCERNANT LES PROFESSIONNELS INTERVENANT A EDF OU GDF

SOURCES D'IRRADIATION RENCONTREES DANS LES CENTRALES NUCLEAIRES

Origine des sources d'irradiation en centrale nucléaire

Les réactions de fission

Les réactions de fission consistent en l'absorption d'un neutron par un atome d'uranium 235, suivie de l'éclatement de celui-ci, sous l'effet de l'instabilité ainsi créée. L'éclatement provoque :
- l'émission de neutrons rapides,
- l'émission de rayonnements ionisants (g),
- la production de fragments radioactifs. Ceux-ci sont arrêtés au sein du combustible. Ils se regroupent en atomes nouveaux appelés "produits de fission" radioactifs, émetteurs de rayonnements b et g.

Le  tableau n° 10 donne la liste des produits de fission présents dans le combustible usé.

Tableau 10 : Produits de fission présents dans le coeur du réacteur.
A la fin d'un cycle à l'équilibre, pour un réacteur REP 900 MW, on trouve environ 10 millions de TBq de gaz rares, 20 millions de TBq d'iodes et 1 million de TBq de césiums.
Nucléide Période %
dans le coeur
du réacteur
Krypton Kr 85 10,7 ans 0,2
Strontium Sr 89 50,5 jours 2,9
Strontium Sr 90 28,8 jours 3,2
Yttrium Y 91 58,5 jours 5,8
Zirconium Zr 93 1,5.106 ans 6,4
Zirconium Zr 95 64 jours 6,3
Technécium Tc 99 0,21.106 ans 6,3
Ruthénium Ru 103 39,4 jours 6,6
Ruthénium Ru 106 367 jours 2,7
Iode I 129 1,6.107 ans 0,9
Iode I 131 8,04jours 3,2
Xénon Xe 133 5,25 jours 5,5
Césium Cs 134 2,06 ans 6,6
Césium Cs 135 3.106 ans 6,0
Césium Cs 137 30,2 ans 6,2
Baryum Ba 140 12,8 jours 5,7
Cérium Ce 144 284 jours 4,9
Praséodyne Pr 147 2,6 ans 2,4
Samarium Sm 151 90 ans 0,5
Les captures de neutrons et les réactions d'activation

Les neutrons produits dans le cœur n'entraînent pas tous une fission d'un atome d'uranium 235 : certains neutrons sont capturés par des noyaux non fissiles, transformant dans certains cas ces derniers en noyaux instables radioactifs. Ce phénomène est alors appelé "réaction d'activation".
On trouve ces noyaux non fissiles, susceptibles d'être activés, dans :
- les structures internes du réacteur et dans la cuve. Ces atomes activés peuvent être soumis à l'érosion de l'eau du circuit (nickel et cobalt).
- l'eau du circuit. Il y a production de tritium à partir de l'hydrogène de la molécule d'eau. C'est un émetteur bêta de très faible énergie et donc de faible radiotoxicité.
- des impuretés. En effet, les surfaces du circuit primaire sont soumises à la corrosion et à l'érosion de l'eau : elles relâchent une petite partie de leur métal, qui est entraîné par l'eau et peut venir se fixer provisoirement sur les gaines de combustibles, où il est activé. Ces substances sont appelées "produits d'activation". Ceux-ci sont responsables d'environ 90 % de l'activité des circuits, et donc, de la majeure partie de la dosimétrie associée aux opérations de maintenance.

On peut citer les produits d'activation suivants :

Le cobalt 60, de période 5,3 ans :
6027 Co --> b- + 6028 Ni + g

Le cobalt 58, de période 71 jours :
5827 Co --> b+ + 5826 Fe + g

Ce cobalt provient de l'activation du cobalt 59 et du nickel 58 issus :
- des structures métalliques,
- de l'usure du stellite par l'eau du circuit primaire : le stellite est un alliage métallique utilisé pour le revêtement des portées des robinets ou des vannes, du fait de sa bonne résistance à l'érosion ainsi que sur les paliers et butées de pompes,
- de l'usure par l'eau, du métal des tubes des générateurs de vapeur.

Par ailleurs, certains neutrons peuvent être capturés directement dans le combustible (par l'uranium 238 non fissile, ou par l'uranium 235) et provoquer la formation d'atomes lourds. Ceux-ci, tels le plutonium et les autres transuraniens, sont principalement des émetteurs a. Ces atomes restent fixés dans le combustible.

Sources d'exposition pendant le fonctionnement (réacteur divergé)

Nous dirons que la centrale est en fonctionnement à partir du moment où le réacteur est divergé. Les risques sont alors les suivants :

Neutrons

Pendant le fonctionnement en puissance, le flux neutronique au voisinage du combustible est intense et les protections biologiques ne peuvent avoir une efficacité absolue du fait des traversées de tuyauterie. Au fur et à mesure de la conception des nouvelles centrales, de nombreuses améliorations ont permis de réduire les fuites de neutrons. Actuellement, on évalue à environ 2 % la dose due aux neutrons par rapport à la dose totale reçue par les agents. Les zones à risque sont connues et mentionnées sur des cartographies. Des procédures strictes réglementent l'accès à ces zones.

Rayonnements b et g ( tableau 11)

Ils sont dus aux dépôts de produits de corrosion sur les tuyauteries du circuit primaire et des circuits de traitement d'effluents. Pendant le fonctionnement en puissance, les circuits sont fermés. Seuls les rayonnements g apparaissent à l'extérieur des tuyauteries. Ceux-ci peuvent créer des débits de dose importants lorsqu'il y a accumulation des dépôts, en particulier dans les filtres. L'épaisseur des tuyauteries est suffisante pour arrêter les rayonnements b.

Rayonnements g "durs" (c'est-à-dire d'énergie importante)

Le risque est dû à la production d'azote 16 par activation de l'oxygène de l'eau, mais la période de ce radioélément étant très courte, ce type de rayonnement disparaît après arrêt du réacteur.

Tableau 11 : Principaux radio-isotopes sources de contamination
Débit d'équivalent de dose à 1 m en mSw/h
RADIO-ISOTOPE PÈRE PÉRIODE SOURCE PONCTUELLE
de 1 Ci (37 GBq)
à 1m en mSv/h
51 Cr 50 Cr 28j 0,16
59 Fe 58 Fe 45j 6,3
58 Co 58 Ni 71j 5,4
54 Mn 54 Fe 312j 4,5
60 Co 59 Co 5,27 a 12,8
110 mAg 109 Ag 250j 14,6
122 Sb 121 Sb 2,7j 2,7
124 Sb 123 Sb 60j 9,4

Sources d'exposition lorsque le réacteur est à l'arrêt pour maintenance

Neutrons

A l'arrêt, le combustible irradié continue à émettre des neutrons, mais en quantité très faible. Les protections biologiques du réacteur et l'eau des piscines assurent une protection totale. A signaler cependant le cas particulier des châteaux d'évacuation du combustible ; du fait de l'absence d'une forte épaisseur d'eau (très bon ralentisseur de neutrons), il règne un faible débit de dose neutrons (quelques centièmes de mSv/h).

Rayonnements b et g

A l'arrêt, l'influence des émetteurs b apparaît lorsqu'on est amené à ouvrir les circuits et à travailler au contact direct des dépôts de produits de corrosion. L'irradiation due aux émetteurs g est évidemment présente.
La dose individuelle moyenne annuelle est de 1,6 mSv pour les agents EDF et de 4,4 mSv pour les prestataires.

Rayonnements a

Ils ont un caractère exceptionnel, puisque les émetteurs a sont formés uniquement à l'intérieur du combustible et que les particules a, très peu pénétrantes, ne peuvent traverser les gaines. On ne pourrait les rencontrer dans les dépôts qu'en cas de fonctionnement avec des ruptures de gaines.

Sources d'exposition permanentes

Dans une centrale en exploitation, certaines installations spécifiques sont le siège d'un risque radiologique quasiment permanent, mais maîtrisé :
- piscine de stockage du combustible,
- installations de traitement des effluents gazeux, par décroissance radioactive,
- installations de traitement des effluents liquides, par filtration, par passage - sur résines échangeuses d'ions ou par évaporation,
- installations de traitement des déchets solides (par enfûtage de ceux-ci dans des fûts métalliques ou en béton), et installations de stockage de ceux-ci,
- laboratoires de mesures radiochimiques,
- ateliers d'intervention sur du matériel contaminé.

Sources d'exposition liées à un endommagement du coeur

Certains scénarios d'accidents hypothétiques (c'est-à-dire de probabilité extrêmement faible) peuvent conduire à un endommagement du cœur et, par suite, à une exposition accidentelle si le circuit primaire n'est pas intègre.
Les études probabilistes menées sur le REP montrent que l'événement initiateur de plus grande probabilité, est l'APRP (Accident de Perte de Réfrigérant Primaire). Par ailleurs, c'est pendant les états d'arrêt du réacteur, que la probabilité d'endommagement du cœur atteint sa valeur la plus élevée.

AUTRES SOURCES D'IRRADIATION ARTIFICIELLE PROFESSIONNELLE A EDF OU GDF

AUTRES SOURCES D'IRRADIATION ARTIFICIELLE PROFESSIONNELLE A EDF OU GDF

Radiographie industrielle

La radiographie industrielle met en œuvre des appareils utilisant :
- soit un générateur électrique de rayons X ou un accélérateur de particules. Ces générateurs présentent un risque lorsqu'ils sont sous tension.
- soit une source radioactive scellée émettrice de rayons (le plus souvent de l'iridium 192, mais aussi du cobalt 60). Leur activité peut atteindre de 10 à quelques centaines de curies (de 370 milliards de Bq à 3700 milliards de Bq). Le rayonnement de ces émetteurs est permanent. Des mesures de sécurité très strictes doivent donc être appliquées, non seulement sur le chantier, mais également pendant le transport et le stockage.

Les jauges

Des sources radioactives scellées sont mises en œuvre dans des jauges d'épaisseur, de niveau, de densité.

Détecteurs

Des sources ionisantes d'américium 241 sont utilisées pour détecter les fumées et les gaz d'incendie, dans des détecteurs à chambre d'ionisation. L'activité des détecteurs que l'on installe actuellement est de l'ordre de 40 000 Bq ( 1 µCi).

Les traceurs

Des traceurs utilisant des sources non scellées sont utilisés : l'iode 131 sert dans les centrales nucléaires à mesurer l'efficacité des pièges à iode ; le sodium 24 est utilisé pour le contrôle de certains capteurs.

SOURCES D'IRRADIATION PROFESSIONNELLE A L'EXTERIEUR D'EDF

Une partie de la population active, en dehors d'EDF ou GDF, utilise des sources de rayonnements ionisants pour des raisons professionnelles. On peut approximativement situer ces utilisations par la liste suivante :
- Les centres de recherche nucléaire (Commissariat à l'Énergie Atomique CEA), et les centres de recherche où sont utilisées des sources radioactives,
- Les usines de fabrication du combustible nucléaire et de retraitement du combustible (Compagnie Générale des Matières Nucléaires COGEMA), les centres de stockage de déchets nucléaires (Agence Nationale des Déchets RAdioactifs ANDRA), les mines d'uranium,
- Les entreprises effectuant dans leurs propres locaux des prestations de service dans le domaine nucléaire (décontamination, maintenance),
- Les entreprises utilisant des appareils de stérilisation de produits alimentaires ou agricoles, de traitement de matériaux par rayonnements ionisants,
- Les professions médicales ou paramédicales (cabinets de radiodiagnostic ou de dentisterie, services de radiothérapie, services de "médecine nucléaire" utilisant des traceurs radioactifs à des fins d'examens médicaux).




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Page modifiée le 19/02/2003 à 14h48.


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