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DIAGNOSTIC DES OSTEOPOROSES CHEZ L'ENFANT

G. KALIFA

Hôpital Saint Vincent de Paul - Paris

Le stigmate radiologique, diminution de la densité osseuse est la résultante d'une diminution de la teneur de l'os en calcium, qu'il s'agisse d'une ostéoporose ou d'une ostéomalacie. Dans l'ostéoporose il y a en plus appauvrissement de la matrice osseuse, ceci rend l'os plus fragile et conduit donc à des fractures plus fréquentes.

Concepts liés 1. COMMENT JUGER DE LA TRANSPARENCE OSSEUSE ?

Le moyen le plus simple et le plus couramment utilisé est l'appréciation du rapport cortico-diaphysaire, en effet l'ostéoporose va se traduire par un amincissement des corticales, ceci s'apprécie particulièrement bien au niveau des métacarpiens. Il n'est pas indispensable de recourir au classique cliché de tibia pour juger de ce rapport cortico-diaphysaire. L'ostéoporose va se traduire aussi par une visibilité anormale des travées osseuses au niveau des cols fémoraux et elle se juge sur le rachis lombaire de profil, sur la transparence des corps vertébraux.

Depuis quelques années on utilise aussi en pédiatrie les mesures quantitatives basées soit sur l'absorption photonique bi plus que monophotonique et la mesure du contenu minéral osseux en scanner. Compte tenu des problèmes d'irradiation, c'est l'absorption biphotonique qui a la préférence actuelle dans ce domaine ; mais la mesure en scanner garde un certain intérêt, les normes précises sont affinées actuellement. Cette mesure quantitative a un peu moins d'importance que chez l'adulte, elle est indiquée chez les enfants porteurs d'une pathologie chronique, hormonothérapie prolongée, maladies osseuses consitutionnelles, etc...

Il est important de rechercher des signes associés portant sur la structure et la forme de l'os, par exemple aspect trabéculé, défaut de modelage métaphysaire, aspect en "vertèbre de poisson", etc...

Concepts liés 2. DIAGNOSTIC ETIOLOGIQUE DES OSTEOPOROSES

Une fois affirmé l'ostéoporose, la reconnaissance d'une forme diffuse ou localisée va orienter le diagnostic étiologique.

Concepts liés 2.1. Les ostéoporoses localisées

La plupart des ostéoporoses localisées sont la conséquence d'un défaut d'utilisation du segment de membre concerné, plus rarement d'une hyperhémie locale. Ainsi devant une ostéoporose localisée il faudra rechercher une cause d'immobilisation, traumatisme, paralysie, une ostéoarthrite ou une ostéomyélite, une tumeur vasculaire ou une malformation artério veineuse, plus rarement une tumeur d'autre origine.

Concepts liés 2.2. Les ostéoporoses diffuses

Le diagnostic des ostéoporoses diffuses est plus complexe et la liste en est donnée dans le tableau ci-joint.

Les ostéoporoses d'immobilisation s'observent bient entendu dans les mêmes conditions que celles citées pour les ostéoporoses localisées. Elles interessent surtout les malades neurologiques, hémiplégiques ou autres. Outre l'ostéoporose, il faut rechercher les problèmes orthopédiques inhérents : raccourcissement de longueur d'un membre, bassin asymétrique, luxation progressive de la hanche, scoliose, etc... Cette ostéoporose peut même être majorée par un traitement chronique, comme par exemple les anticonvulsivants.

Il faut veiller à ce que ces ostéoporoses ne s'associent pas aussi à une carence nutritionnelle.

Parmi les causes nutrionnelles, la maladie coeliaque réalise le tableau le plus typique avec un retard staturo pondéral important et une stéatorrhée. L'ostéoporose est liée à la malabsorption du calcium et de la vitamine D, vitamine liposoluble. Les malnutritions réalisent des tableaux analogues et sont malheureusement encore très fréquemment recontrées chez des patients vivants dans des conditions très défavorisées.

Les avitaminoses sont responsables d'ostéoporose, la carence en vitamine D réalise le rachitisme commun bien connu, la carence en vitamine C ou scorbut est rare mais peut se voir chez le jeune enfant, là l'ostéoporose est diffuse et les fractures pathologiques sont fréquentes, associées à des hématomes sous périostés.

Parmi les néphropathies, en dehors de l'insuffisance rénale chronique qui va aboutir à une ostéodystrophie rénale quelle que soit l'étiologie, il faut surtout rechercher devant une ostéoporose une tubulopathie, classique acidose tubulaire, syndrome de Toni Debré et Fanconi.

Les ostéoporoses d'origine endocrinienne sont dominées par la pathologie des stéroïdes, rare syndrome de Cushing chez l'enfant, plutôt Cushing iatrogène par corticothérapie. Une ostéoporose a rarement été rapportée au cours de la maladie d'Addison, dans les hypoplasies congénitales des surrénales. L'hyperthyroïdie entraîne une ostéoporose modérée, de même que l'hypopituitarisme. L'ostéoporose est classique au cours du syndrome de Turner, où le diagnostic est évoqué avant le caryotype sur l'association de l'ostéoporose à l'hypertrophie du condyle fémoral interne et à la fermeture de l'angle carpien chez une enfant présentant un retard de taille et un retard pubertaire.

L'ostéoporose au cours des hémopathies s'observe soit au cours des anémies hémolytiques soit au cours des hémopathies malignes.

Dans la thalassémie, l'ostéporose est plus sévère que dans la drépanocytose, l'os spongieux a un aspect réticulé caractéristique lié à l'hyperplasie médullaire, les corticales des os sont amincies et on observe fréquemment un défaut de modelage métaphysaire, l'aspect en "poils de brosse" de la voûte osseuse traduit là encore l'hyperplasie médullaire.

Dans la drépanocytose l'ostéoporose s'associe souvent à des signes d'infarctus osseux.

L'ostéoporose est fréquente dans les hémopathies malignes, dans 25% des cas ce sont les signes osseux qui vont révèler la maladie. L'ostéoporose s'associe fréquemment à des bandes claires métaphysaires, à des zones d'ostéolyse, à des appositions périostées, plus rarement à des signes d'infarctus osseux. Cette ostéoporose peut prédominer sur le squelette axial.

Une fois éliminées ces causes métaboliques, hématologiques et endocriniennes, il faut évoquer les maladies osseuses constitutionnelles dont la principale est l'ostéogenèse imparfaite sous toutes ses formes, de l'aspect précoce néonatal souvent létal à la forme plus tardive. C'est l'augmentation de la transparence osseuse, la fréquence des fractures et la présence d'os wormiens qui évoquent le diagnostic, plus aisé s'il existe une anamnèse. D'autres maladies osseuses constitutionnelles peuvent s'accompagner d'ostéoporose, mais là le signe n'est pas du tout déterminant. Les maladies de surcharge, à type de mucopolysaccharidose, gangliosidose et autres mucolipidoses peuvent être responsables d'une augmentation de la transparence osseuse.

Parmi les ostéoporoses iatrogènes nous avons évoqué la corticothérapie. L'ostéoporose peut s'observer aussi au cours des traitements anticonvulsivants au long cours.

Enfin il faut rappeler la possible ostéoporose au cours du syndrome de Buckley qui est un déficit immunitaire lié à un défaut du chimiotactismes polynucléaire. L'ostéoporose est plus tardive et touche plutôt le squelette axial. Ce n'est qu'après avoir éliminé toutes ces causes qu'on évoquera chez l'adolescent la possibilité d'une ostéoporose juvénile idiopathique débutant sur le squelette axial et par des bandes claires métaphysaires sur les os longs. Ce diagnostic répétons le ne doit être retenu qu'après avoir éliminté formellement une hémopathie.

Concepts liés 3. CAUSES DES OSTEOPOROSES

OSTEOPOROSES D'IMMOBILISATION

* Encéphalopathies

* IMC

* Autres problèmes neurologiques

OSTEOPOROSES ENDOCRINIENNES

* Cushing

* Corticothérapie

* Hyperthyroïdie

* Turner

OSTEOPOROSES NUTRITIONELLES ET METABOLIQUES

* Malabsorption

* Maldigestion

* Carences d'apport

* Avitaminoses

OSTEOPOROSES DES MALADIES OSSEUSES CONSTITU-TIONNELLES

* Ostéogenèse imparfaite

* Maladies de surcharge

* etc...

OSTEOPOROSES AU COURS DES HEMOPATHIES (surtout hémopathies malignes et anémies hémolytiques)

OSTEOPOROSES DES NEPHROPATHIES

AUTRES CAUSES

* Iatrogènes

* Syndrome de Buckley

* Ostéoporose juvénile idiopathique


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