M.
HASSAN Hôpital Robert Debré - Paris
Les lésions
susceptibles de compromettre la liberté de la voie aérienne
de l'enfant sont nombreuses et variées d'un point de vue étiologique
(Tableaux 1 et 2)
. Il s'agit bien souvent de situations cliniquement instables
et menaçantes qu'il convient d'explorer d'une façon rigoureuse
, protocolée, sans perte de temps inutile
. Toute OVAS doit être considérée comme
une urgence diagnostique et thérapeutique potentielle
.
L'OVAS
peut s'observer à tout âge et notamment dès la période
néonatale
. Dyspnée obstructive et stridor dominent la scène
clinique
. Toute exploration doit, bien sûr, être précédée
d'un examen ORL soigneux qui apprécie notamment la gravité
des signes de détresse respiratoire
. Dans les cas extrêmes, on peut être amené
à un traitement d'urgence de la dyspnée (canule
, intubation, trachéotomie) avant de réaliser
le bilan d'imagerie à visée étiologique
.
Le premier
bilan doit toujours comporter des clichés sans préparation
de face et de profil de très bonne qualité de la voie aérienne
ce qui implique d'être très méticuleux dans la technique
: immobilisation
, choix des films, haute tension
, clichés en inspiration et expiration
. L'apport de la fluoroscopie numérique s'avère très
précieux, permettant un examen rapide et l'utilisation judicieuse
des possibilités de fenêtrage. Souvent cet
examen initial suffira à porter ou orienter significativement un
diagnostic
.
L'opacification
de l'oesophage peut être très utile
. L'échographie est souvent contributive quand on
interprète ses données en les confrontant avec celles de
l'examen radiologique
. Elle permet une excellente approche des parties molles
du cou
, des masses cervicales et du larynx
.
La tomodensitométrie
fournit en théorie une excellente image en coupes de la trachée
et de son environnement
, mais sa contribution reste limitée chez le tout
petit en raison de l'impossibilité d'obtenir une apnée
. La technique spiralée constitue un progrès indéniable.
La meilleure image tomodensitométrique est fournie par le Ciné
CT (Imatron
R) mais cette technique reste confidentielle
. L'IRM
, quand son utilisation est compatible avec l'état
respiratoire
, est probablement la meilleure méthode pour évaluer
les anomalies vasculaires et les masses intra-thoraciques
.
Cette énumération
ne doit pas faire perdre de vue que la majorité des situations
trouvent leur solution dans une utilisation judicieuse de l'examen radiologique
conventionnel couplé à l'échographie (+++)
. Le point important est de faire la part de ce qui revient
, sur le plan thérapeutique
, à la chirurgie
, à l'endoscopie ou à un traitement médical
.
Avant 6 mois,
le nourrisson ne respire que par le nez
, si bien que toute entrave à la circulation de l'air
peut entraîner une détresse respiratoire majeure
.
Tableau
1 : Anomalies congénitales susceptibles de retentir
sur les voies aériennes
.
Tableau
2 : Principales étiologies non congénitales d'une OVAS
L'atrésie
choanale est la cause la plus fréquente d'obstruction nasale chez
le nouveau-né (environ 1/5000 naissances)
. Elle concerne dans 90% des cas l'orifice postérieur des choanes.
Osseuse ou mixte dans 90% des cas
, elle est membraneuse dans les 10% restant
. Certaines atrésies, toujours membraneuses, se situent en arrière
des choanes postérieures et seraient secondaires à la persistance
de membrane buccopharyngée. L'atrésie peut
être uni ou bilatérale et dans ce dernier cas reconnue à
la naissance devant l'impossibilité de passer une sonde naso gastrique
. Rarement peuvent s'observer des atrésies incomplètes
(ou sténose) des choanes postérieures
. Parmi les anomalies associées, celles définies
par l'acronyme du syndrome Charge sont les plus fréquentes (Colobome
oculaire
, Heart-defects, Atrésie choanale
, Retard de croissance post natal et/ou anomalies du SNC
, anomalies Génitales, Ear anomalies).
La tomodensitométrie
est l'examen d'imagerie essentiel
. Des coupes axiales sont d'abord réalisées. Celles-ci sont
de 2 à 2,5 mm d'épaisseur jointives
, parallèles au plan du palais osseux
, réalisées après aspiration douce
de sécrétions nasales accumulées
. Des coupes apprécient l'aspect de la plaque atrétique
choanale membraneuse ou osseuse
, l'épaisseur du Vomer, la déformation des
parois internes des sinus maxillaires et des lames perpendiculaires des
plalatins
.
Les mêmes
coupes en incidence axiale sont de nouveau pratiquées après
instillation nasale de quelques gouttes de produit de contraste non ionique
. Celles-ci permettent d'éliminer une perméabilité
à minima de la choane, en montrant l'accumulation
du produit dans la fosse nasale et son absence de passage vers la paroi
postérieure du cavum
.
En fin d'examen,
des coupes frontales directes ou reconstruites à partir des axiales
sont utiles pour apprécier la position du toit de l'ethmoïde
.
L'étroitesse
des fosses nasales est plus rare
. Certains cas entrent dans le cadre de l'holoprosencéphalie
et peuvent s'accompagner d'anomalies cérébrales de la ligne
médiane (agénésie hypophysaire
, agénésie septale
...). Exceptionnellement, l'atrésie est antérieure
et se présente cliniquement comme l'atrésie choanale classique
. Certaines anomalies plus globales des os de la face (Syndrome
de Treacher-Collins
, syndrome de Crouzon) peuvent s'accompagner de sténoses
osseuses des fosses nasales
. La déviation septales de même que les hypertrophies
du cornet inférieur peuvent très occasionnellement entraîner
un certain degré d'obstruction
.
Chez le
jeune enfant
, l'arrière pensée d'encéphalocèle
fronto-nasale doit toujours être présente à l'esprit
en présence d'une masse des fosses nasales
. L'examen TDM est essentiel pour rechercher la communication
avec le cerveau
.
Les gliomes
sont des masses composées de tissu neural qui dans environ 10 à
15% des cas se prolongent à travers la lame criblée par
une tige fibreuse vers la base du cerveau
. Le terme d'hétérotopies neuro gliales est
parfois utilisé quand ces masses apparaissent totalement isolées
de la boîte crânienne et qu'il n'existe aucun defect osseux
. Les kystes dermoïdes sont en règle externes
mais peuvent parfois entraîner une obstruction
. Ils peuvent être associés à une bifidité
du septum ou de l'apophyse cristali galli, ou ailleurs
à un defect osseux de la base du crâne
.
La mucocèle
lacrymo-nasale
, uni ou bilatérale est due à une obstruction
du canal lacrymo nasal
. L'examen tomodensitométrique est caractéristique
: masse kystique de l'angle interne de l'oeil associée
à une dilatation du canal lacrymal homolatéral et à
une masse kystique intra nasale
. Ces mucocèles peuvent apparaître isolées
d'un canal lacrymonasal normal
.
L'angiofibrome
nasopharyngien n'est que rarement cause de dyspnée obstructive
. Il s'observe essentiellement chez l'adolescent
. Le symptôme essentiel est l'épistaxis
. Son diagnostic est évoqué à l'endoscopie
.
Les deux caractéristiques
principales sont l'hypervascularisation et son siège particulier.
L'hypervascularisation se traduit en IRM par son signal "moucheté"
: zones punctiformes ou linéaires de signal variable
dues aux turbulences vasculaires et aux coupes vasculaires
. Après Gadolinium, le rehaussement est intense
. La TDM évalue également ce rehaussement
vasculaire
. L'angiographie n'est utilisée qu'à titre
thérapeutique (embolisation préopératoire indispensable)
. Cette tumeur est latérale
, implantée sur le versant supéro-externe
du cadre choanal au contact du trou sphéno-palatin
, en regard de la fosse pterygo-palatine
, expliquant l'extension aux fosses nasales
, au cavum
, à la fosse infra-temporale
, au sinus sphénoïdal, aux sinus maxillaires
et ethmoïdaux
, à l'orbite et parfois à la fosse cérébrale
moyenne
. La TDM évalue au mieux les lyses osseuses souvent
présentes
.
Les polypes
antro-choanaux peuvent occasionnellement faire protrusion dans le nasopharynx
et obstruer la choane controlatérale
. Le cliché de profil montre une masse dans l'oropharynx
paraissant provenir de la partie postérieure du sinus maxillaire
. De face
, il existe une opacité du sinus qui est discrètement
"soufflé"
, sans lyse osseuse
.
La grosse
majorité des masses obstructives sont bénignes qu'elles
soient inflammatoires ou congénitales
. La localisation précise est le meilleur argument
du diagnostic différentiel
.
Les tumeurs
malignes sont très rares et ne réprésentent que moins
de 1% de l'ensemble des tumeurs malignes de l'enfant
. Rhabdomyosarcome embryonnaire et tératome (degré
de malignité variable) sont les moins rares
. TDM et IRM délimitent bien l'extension du RMS
. Le tératome peut être source de détresse
respiratoire dans la période néonatale
. En échographie
, il s'agit d'une masse échogène
, hétérogène contenant parfois des
calcifications et développée le plus souvent dans la loge
thyroïdienne
.
L'abcès
rétropharyngé
: il s'observe surtout au cours de la première
enfance
, en raison de la présence dans les fascia pré
vertébraux de petits ganglions qui habituellement régressent
vers la 3ème-4ème année
. Le nasopharynx communique avec ces ganglions et des infections
purulentes peuvent survenir par ensemencement de ces ganglions
. Le cliché de profil montre une voussure de la
partie postérieure du pharynx qui refoule en avant la voie aérienne
. On rappelle que sur le cliché du cou de profil
, l'épaisseur des tissus entre la lumière
pharyngée et les vertèbres ne doit pas normalement dépasser
75% du diamètre antéro-postérieur des vertèbres
adjacentes
. Il faut noter toutefois que physiologiquement on peut
observer des "voussures" importantes quand l'enfant crie
, pendant l'expiration et/ou quand le menton est fléchi
.
Parfois,
de l'air dans les parties molles pré-vertébrales signe la
présence d'une suppuration
. La TDM et/ou l'IRM avec injection de contraste peuvent
contribuer à résoudre le délicat problème
du stade évolutif
, (cellulite ou abcès collecté à drainer)
, en montrant dans ce dernier cas une prise de contraste intense en périphérie
de la collection.
Elle correspond
à une bascule des réplis ary-épiglottiques pendant
l'inspiration qui entraîne une obstruction relative de la voie aérienne
. Elle est due au moins partiellement à la structure
particulière des tissus du larynx de l'enfant
. L'enfant porteur d'une laryngomalacie émet de
manière intermittente un bruit particulier (stridor) qui s'éxagère
en décubitus dorsal
. Le diagnostic est clinique et confirmé par l'endoscopie
qui montre clairement le mouvement anormal des aryténoïdes
qui viennent s'invaginer dans la lumière laryngée
. Le cliché de profil du larynx (étude dynamique)
peut montrer le mouvement antérieur des replis A-E et le ballonnement
des sinus piriformes
.
5.2. Epiglottite
Affection aiguë potentiellement
mortelle, l'épiglottite aiguë est en règle
consécutive à une infection par l'hémophilus influenzae
. La détresse respiratoire s'accompagne souvent
d'hypersalivation
. L'enfant maintient sa tête verticale
, légèrement penchée en avant ; il
existe une protrusion linguale
. Il est extrêmement dangereux
(arrêt cardio respiratoire possible)
de mettre l'enfant en décubitus dorsal
+++. Le diagnostic doit se passer d'imagerie. Dans les cas jugés
absolument indispensables, on se contentera d'une radiographie
de profil en position verticale +++
. Le larynx apparaît distendu alors qu'il existe
un net épaississement de l'épiglotte et des replis ary-épiglottiques
. Le traitement doit être pratiqué d'extrême
urgence
: intubation ou trachéotomie
.
Affection
virale très banale entre 3 mois et 4-5 ans
. Elle ne nécessite aucune imagerie pour son diagnostic
et sa prise en charge. Quand le diagnostic est "hésitant"
et que la détresse respiratoire n'est pas majeure
, l'examen du larynx montre un rétrécissement
sous glottique des 1 à 2 premiers centimètres de la trachée
, qui, fait important et symétrique (++) sur le
cliché de face (perte de l'épaulement laryngé)
. LA encore, on n'imposera pas de décubitus dorsal
à un enfant dont la détresse respiratoire le maintient bien
volontiers en position assise (risques de mort)
.
L'HSG est
la tumeur qui est le plus souvent en cause dans l' OVAS Il est en règle
latéralisé et se manifeste dans les 3 premiers mois de vie
(Dg # avec laryngite virale)
.
La radiographie
de face du larynx montre une opacité de densité liquidienne
, réalisant un effet de masse sur la lumière
sous-glottique
: perte
unilatérale
de l'épaulement "en expiration"
. De profil, la lésion marque son empreinte à
la face postérieure de la sous-glotte
. Chez un nourrisson présentant une dyspnée
laryngée d'apparition différée (2 à 6 mois)
, cet aspect radiologique est hautement évocateur
d'angiome sous-glottique
.
La visualisation
directe de l'hémangiome peut être apportée par la
tomodensitométrie qui est cependant gênée par les
mouvements respiratoires
.
L'échographie
permet aussi de visualiser la masse qui refoule en avant l'écho
dense de l'air sous-glottique
, ce qui permet alors de voir le chaton cricoïdien
, habituellement masqué par le cône d'ombre
aérique
. L'angiome apparaît homogène
, d'échogénicité variable, parfois hypoéchogène,
parfois hyperéchogène, bien limité. Il peut être
mesuré, ce qui devrait permettre de contrôler
son évolution sous traitement par une méthode beaucoup moins
invasive que l'endoscopie
.
Ils sont
beaucoup plus rares et ont souvent une composante extra-laryngée
, d'où l'intérêt de l'imagerie sectionnelle
(TDM
, IRM
, échographie)
.
L'atteinte
laryngée d'un lymphangiome kystique cervical est très rare
. Si l'échographie permet le diagnostic de nature
de la lésion en montrant une masse liquidienne
, cloisonnée, le bilan topographique est au mieux
réalisé par le TDM et surtout l'IRM
, en particulier en cas de masse volumineuse
.
La radiographie
montre une masse de tonalité hydrique à bords nets
, comblant le sillon glosso-épiglottique en cas
de kyste valléculaire ou soulevant l'un des replis ary-épiglottiques
qui prend une forme convexe en arrière
. L'échographie ou la TDM peuvent facilement mettre
en évidence la nature kystique de la lésion
.
Les paralysies
laryngées néonatales n'entraînent pas en règle
de troubles respiratoires majeurs
. L'échographie (enregistrement vidéo utile)
montre l'absence d'abduction inspiratoire de la corde vocale intéressée
qui est attirée passivement du côté opposé
. Il en résulte un aspect particulier et caractéristique
de la comète hyperéchogène de l'air glottique qui
devient oblique et non plus sagittale
.
3.8 - Nous
ne détaillerons pas l'imagerie des très rares anomalies
congénitales laryngées (atrésie
, sténoses sous glottiques, palmures et diastèmes)
en signalant toutefois que dans un contexte particulier échographie
et IRM peuvent être contributifs à la prise en charge thérapeutique
.
L'atrésie
trachéale est exceptionnelle et se révèle dès
la naissance par une détresse respiratoire majeure au cours de
laquelle l'intubation s'avère impossible
. Les fistules trachéo-oesophagiennes (FTO) accompagnent
la plupart des atrésies de l'oesophage et concernent en règle
le bout distal
. Beaucoup plus rarement ces FTO sont isolées
. Leur diagnostic est difficile car le trajet fistuleux
est fin et ne s'ouvre que par intermittence
. Elles peuvent siéger à n'importe quel niveau
mais sont le plus souvent cervicales
. Leur recherche radiologique dont la technique est bien
codifiée doit être minutieuse
.
Les sténoses
trachéales peuvent concerner tout ou partie de la trachée
et sont le plus souvent en rapport avec des anomalies des cartilages
. Elles peuvent exister isolément ou accompagner
une artère pulmonaire gauche aberrante qui naît de la face
postérieure de l'artère pulmonaire droite et qui regagne
le hile en passant derrière la trachée (trachée de
poulet)
. Dans ces cas, le diagnostic est évoqué
sur l'oesophagogramme qui montre une compression antérieure de
l'oesophage entre cet organe et la trachée
. La TDM ou mieux l'IRM est l'examen de choix pour visualiser
le trajet aberrant
. La sténose trachéale isolée peut
être objectivée par le cliché simple mais est mieux
analysé par la TDM ou l'IRM
. Les examens permettent d'éliminer une compression
extrinsèque responsable de la sténose
.
La trachéomalacie
traduit une anomalie fonctionnelle de la trachée dont la paroi
insuffisamment rigide se collabe facilement quand la pression intra-thoracique
augmente
. Cette trachéomalacie est le plus souvent secondaire
à une cause reconnue (atrésie de l'oesophage
, compressions diverses)
. ou qu'il convient absolument d'éliminer (anomalies
des arcs aortiques notamment)
. Elle peut être primitive
. Les signes d'appel sont variés
, les plus évocateurs étant le stridor expiratoire
s'accompagnant d'une hyperextension du cou
. L'examen radiologique de profil
, préférentiellement réalisé
en fluographie numérisée pendant quelques cycles respiratoires
peut mettre en évidence le collapsus expiratoire
. L'ultra-fast CT permet une étude dynamique plus
appropriée
. Toute compression trachéale qui n'est manifestement
pas due à une masse visible sur le cliché cervico-thoracique
doit faire rechercher une anomalie des arcs aortiques
. Il faut soigneusement localiser l'arc aortique sur le
cliché thoracique
. Une concavité droite de la partie basse de la
trachée est suggestive d'un arc aortique droit
. Parfois, la crosse et l'aorte descendante sont nettement
visibles à droite
. Il faut systématiquement pratiquer un oesophagogramme
qui dans la majorité des cas permettra de faire le diagnostic de
double arc ou d'une aorte à droite avec une artère sous
clavière gauche aberrante
. L'artère sous clavière droite aberrante
, bien plus fréquente, n'entraîne pas en
règle de compression trachéale
. La compression antérieure de la trachée
au défilé cervico-thoracique par un tronc brachio-céphalique
naissant légèrement à gauche se reconnaît sur
le cliché de profil de la trachée
. Si un complément d'investigation est jugé
nécessaire (double arc) l'IRM est l'examen de choix notamment si
l'on ne dispose pas de l'Ultra-fast CT
.
L'hypoplasie
trachéale se définit comme une trachée comportant
un nombre d'anneaux égal ou inférieur à 15
. Elle s'observe le plus souvent associée à
des syndromes malformatifs majeurs (syndrome de Di George
, dysplasies osseuses etc
...). Le diagnostic peut être suggéré
quand la carène est située au dessus de la 4ème vertèbre
dorsale chez l'enfant de moins de 2 ans ou au dessus de la 5ème
au-delà de 2 ans
.
La pathologie
liée à l'introduction accidentelle d'un corps étranger
(CE) est très particulière à l'enfant et reste d'actualité
malgré toutes les mises en garde (+++)
. Elle peut conduire à des situations dramatiques
et mettre en jeu le pronostic vital
. L'apport de l'imagerie nouvelle n'est que contingent
. Une utilisation judicieuse de la radiographie simple
résout la majorité des problèmes
.
Observés
dès l'âge de 6 mois
, 80% des cas concernent l'enfant de moins de 3 ans
. Ils sont deux fois plus fréquents chez le garçon.
Il s'agit dans l'immense majorité des cas des CE alimentaire
. Les oléagineux
, particulièrement les cacahuètes
, représentent 45 à 65% des objets inhalés
. Plus de la moitié se localisent dans la bronche
souche droite ou le tronc intermédiaire
, 40% environ se logent dans la bronche souche gauche
et dans environ 5% des cas
, ils s'arrêtent dans la sous-glotte ou la trachée. Quand
les circonstances cliniques indiquent clairement le diagnostic,
l'enfant est directement adressé à l'endoscopiste qui en
fera la diagnostic et le traitement
. Cependant, bien souvent, le syndrome de pénétration
est passé inaperçu et c'est l'examen radiologique pratiqué
pour des signes respiratoires variés qui va orienter le diagnostic
.
Exceptionnellement,
le CE est radio opaque
. Il s'agit de CE métalliques ou calciques (dent
, coquille d'oeuf, objets métalliques) et sont
alors directement visibles sur la radiographie cervico thoracique
. Parfois encore, plus faiblement opaques (CE plastiques)
ils se verront également quand le contraste aérique est
important (trachée
, ou sous glotte). L'incidence de profil est dans ce cas
la plus contributive
. Le plus souvent, il s'agit d'oléagineux ou de
CE végétaux radio-transparents
. L'aspect le plus évocateur est celui
d'emphysème obstructif. Il est parfaitement
appréciable sur le cliché de face en expiration qui montre
qu'un lobe ou tout un poumon reste hyperclair et augmente de volume
. Cette hyperinflation entraîne un refoulement d'intensité
variable du médiastin et/ou des scissures adjacentes.
L'identification d'une telle séméiologie ne comporte pas
de difficultés majeures pour peu que les clichés soient
réalisés en bonne expiration et qu'ils soient bien de face
. Si l'expiration est difficile à obtenir
, on peut s'aider d'un examen sous amplificateur de brillance
qui objective le balancement médiastinal de face ou encore de clichés
en décubitus latéraux à rayon horizontal
: le poumon du côté du plan d'examen est
ainsi physiologiquement en expiration
. En réalité, la difficulté consiste
à repérer les signes d'emphysème obstructif sur le
cliché de routine du thorax qui est réalisé en inspiration
. Ceci est possible à condition que la technique
de réalisation et de lecture de ces clichés thoraciques
quotidiens soient de bonne qualité
. On saura alors repérer une hypertransparence
localisée associée à des signes discrets de déplacement
. C'est sur de tels signes d'appel qu'on pratiquera alors
l'examen en expiration qui confirmera l'obstruction
. Une autre présentation est celle de l'atélectasie
complète lobaire ou segmentaire qui doit toujours faire discuter
l'hypothèse d'un CE notamment quand la pathologie est strictement
unilatérale
. Certains CE mobiles peuvent prêter à confusion
quand l'emphysème est tantôt à droite
, tantôt à gauche
.
Emphysème
médiastinal et/ou pneumothorax peuvent s'observer au décours
immédiat de l'inhalation ou lors de migration ascendante spontanée
des CE lors d'effort de toux
. Il est de bonne règle clinique de pratiquer un
examen systématique dans les 2 temps respiratoires après
extraction pour s'assurer que celle-ci a bien été totale
. Un oedème résiduel et transitoire peut
parfois entraîner un trouble ventilatoire persistant pendant quelques
jours
.
Il s'agit
essentiellement d'objets lourds et volumineux notamment de pièces
de monnaie
, ou de jetons, ou d'os de poulet
. Un tel CE peut occasionnellement se bloquer au tiers
supérieur de l'oesophage
. La dysphagie immédiate qui en résulte
conduit le plus souvent à l'examen d'urgence et les clichés
de face et de profil identifient le CE
. Il peut arriver que cet épisode passe inaperçu
et certains CE n'ont été découverts que plusieurs
mois ou années après leur ingestion
. C'est dans ces conditions que s'observent des complications
à type de rétrécissements oesophagiens
, perforations, médiastinites localisées
voire même de lésions des gros vaisseaux
. Quand le CE a franchi la paroi oesophagienne l'examen
radiologique de profil montre une opacité de tonalité tissulaire
refoulant la trachée en avant et centré par le CE
. L'opacification barytée montre un oesophage rétréci
et tortueux immédiatement en arrière du CE
. Dans ces cas la thoracotomie est la seule thérapeutique
possible
.
L'imagerie
peut contribuer significativement à une bonne prise en charge d'enfants
porteurs d'effections potentiellement graves puisqu'elles risquent d'entraîner
une défaillance cardio respiratoire aiguë
. Il s'agit là souvent d'une "radiologie d'urgence"
dont le protocole ne doit rien laisser à l'improvisation et où
l'imagerie standard
, complétée par l'échographie
, aide à résoudre la majorité des situations.
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