P.
LE DOSSEUR, D. EURIN, J.N. DACHER, M. MONROC Hôpital
Charles Nicolle - Rouen
Les régurgitations sont de simples rejets alimentaires
postprandiaux survenant sans effort.
Les vomissements sont des rejets par la bouche du contenu gastrique
et/ou intestinal provoqués par la brusque contraction de la paroi
de l'estomac et des muscles abdominaux.
Le mérycisme est une régurgitation volontaire,
avec rumination, souvent témoin d'un trouble affectif.
Le reflux gastro-oesophagien est la remontée d'une partie
du contenu gastrique dans l'oesophage au travers d'un cardia incontinent.
Chez le nouveau-né, l'incontinence du cardia est physiologique
et les régurgitations alimentaires sont banales jusqu'à
l'âge de 9-12mois.
La survenue de vomissements alimentaires peut être liée
à la présence d'un obstacle à la vidange gastrique
mais elle peut être aussi le témoin indirect d'une affection
plus générale, en particulier infectieuse (tableau 1).
Tableau
: Etiologies des vomissements du nourrisson et de l'enfant
Les vomissements bilieux sont fréquemment témoins
d'une occlusion aiguè nécessitant une prise en charge chirurgicale.
La survenue de vomissements chez un nourrisson amène trois questions
:
- s'agit-il des régurgitations physiologiques des premiers mois
?
- les vomissements ont-ils une cause extra-digestive ?
- les vomissements traduisent-ils un obstacle digestif ? Organique ?
Fonctionnel ?
Il faut noter:
- L'âge de l'enfant, élément important.
Les vomissements précoces sont en général témoins
d'une occlusion néonatale par malformation du tube digestif.
- L'ancienneté des troubles, la fréquence de survenue,
le caractère diurne ou nocturne.
- La nature alimentaire lactée, hématique,
glaireuse, bilieuse ou fécaloïde.
- Les facteurs favorisants (changement de position, toux, agitation).
- Les signes d'accompagnement digestifs: anorexie, diarrhée,
constipation, ballonnement, douleurs. Des antécédents de
retard d'émission du méconium sont recherchés.
- Les signes d'accompagnement respiratoires : toux, polypnée,
laryngite.
- Les signes infectieux ou neuro-méningés : fièvre,
céphalées, prostration, convulsion, hypotonie.
La recherche de traitement médicamenteux récent et la
recherche d'une intoxication sont systématiques.
Quel que soit l'âge, l'examen clinique doit s'attacher à
rechercher des signes de mauvaise tolérance clinique en particulier
la déshydratation qui nécessite une prise en charge
immédiate.
L'A.S.P., l'étude du transit de produit de contraste baryté
et l'échographie abdominale sont en première ligne pour
le diagnostic étiologique des vomissements de l'enfant d'origine
digestive.
Avant de mettre en oeuvre l'un ou l'autre, il convient de s'assurer
de sa nécessité et d'éliminer d'une part une cause
extra-digestive, d'autre part des rejets alimentaires sans caractère
pathologique (régurgitations).
2.1. Abdomen sans préparation
2.1.1. Principe
Etudier la répartition des clartés digestives pour rechercher
des signes d'occlusion aiguë et tenter de situer le niveau de l'obstacle.
2.1.2. Incidences
Le cliché d'abdomen de face couché est le plus contributif.
Il permet toujours de reconnaître l'estomac et le rectum. Le bulbe
duodénal est fréquemment aéré au bord droit
de T12. A cet âge il est souvent difficile de distinguer l'intestin
grêle du colon parce que leur calibre est voisin et parce qu'il
existe une aéro-iléie physiologique.
Les clichés en rayon horizontal, face en rectitude ou profil
couché peuvent être utiles pour préciser l'importance
de la distension et rechercher des signes d'épanchement hydrique
ou gazeux intra-péritonéal.
2.1.3. Résultat
On recherche les signes d'occlusion, le niveau de la distension, les
épanchements péritonéaux, les calcifications anormales,
les malformations du squelette associées. L'étude des culs-de-sac
pulmonaires est systématique, éventuellement complétée
par un cliché de thorax.
2.2. Transit digestif de produit de contraste baryté
2.2.1. Principe
L'ingestion de liquide opaque aux rayons X permet une étude
dynamique et morphologique du tube digestif supérieur depuis l'oesophage
jusqu'aux premières anses jéjunales.
2.2.2. Contention
Jusqu'à l'âge de 18 mois l'immobilisation de l'enfant
est faite soit par des sacs de sable non compressifs (utilisés
comme des sangles) soit par immobilisation sur une planchette à
l'aide de bandes Velpeau. L'exploration est réalisée en
position couchée, la rotation de l'enfant permettant différentes
incidences.
2.2.3. Produit de contraste
Il s'agit d'une Baryte fluide reproduisant la consistance du lait sans
épaississant. Pour améliorer sa tolérance en fonction
de l'âge, il est préconisé de diluer la Baryte dans
du lait et d'y adjoindre éventuellement un édulcorant, poudre
de cacao, vanille...
2.2.4. Administration
Selon l'âge de l'enfant et selon sa coopération, le produit
de contraste est administré à l'aide d'un biberon, d'un
verre à bec, d'un verre simple avec paille ou d'une sonde naso-oesophagienne.
La sonde naso-oesophagienne doit être non traumatisante et placée
avec prudence dans l'estomac puis retirée jusqu'au niveau du tiers
supérieur de l'oesophage. L'injection de produit de contraste est
réalisée sous contrôle scopique.
2.2.5. Etude dynamique
L'examen en scopie télévisée permet d'étudier
le péristaltisme, le tonus des sphincters (S.I.O., pylore), le
délai de progression. L'examen est débuté en décubitus
dorsal et en profil pour l'étude de l'oesophage, de la jonction
oeso-gastrique et de la grosse tubérosité. Il se poursuit
en procubitus oblique pour l'étude de l'antre, de la vidange gastrique
et du cadre duodénal.
2.2.6. Etude morphologique
Les clichés réalisés en ampliphotographie ou mieux
en fluoroscopie numérisée étudient la régularité
du contour muqueux, les empreintes extrinsèques physiologiques,
l'adossement oeso-gastrique, les deux faces de l'estomac, le canal pylorique
et le pli duodénal.
2.2.7. Résultat
L'ingestion de produit de contraste ou son injection dans l'oesophage
entraîne des contractions vigoureuses qui le font progresser jusqu'au
sphincter inférieur, provoquent l'ouverture de celui-ci et le passage
dans la grosse tubérosité gastrique. Dès les premiers
jours de vie, la déglutition et le péristaltisme sont efficaces,
par contre le sphincter inférieur de l'oesophage et l'adossement
oeso-gastrique restent peu marqués. L'oesophage abdominal n'est
pas identifiable par cette technique qui se contente d'apprécier
l'angle formé par le bord gauche de l'oesophage et le bord droit
de la grosse tubérosité (angle de His) dans le plan frontal.
L'oesophage thoracique présente une seule encoche constante, en
regard de D4, qui correspond au passage de l'aorte sur son bord gauche.
Avec l'âge, l'oesophage thoracique s'allonge et proportionnellement
se rétrécit, l'oesophage abdominal devient identifiable.
De 0,75 cm en moyenne chez le nourrisson il atteint 4 à 5cm chez
l'adulte. La réplétion gastrique entraîne une distension
importante de l'estomac qui peut se projeter sur toute la moitié
supérieure de l'abdomen à l'exception de la masse hépatique.
Les contractions gastriques sont globales au cours des premières
semaines de vie. A partir du deuxième mois, des contractions antrales
spécifiques aboutissent à l'ouverture du canal pylorique
une fois sur quatre à cinq. Le reflux duodéno-gastrique
est physiologique, d'autant plus fréquent que l'enfant est jeune.
Le pli duodénal et jéjunal est peu marqué chez le
nourrisson.
On recherche une hypotonie, un rétrécissement de l'oesophage,
une empreinte extrinsèque de sa paroi, une irrégularité,
une ulcération. On recherche l'image en étoile du cardia
et on apprécie sa position par rapport au diaphragme. On note sa
béance éventuelle et la survenue de reflux oesophagiens.
On recherche un retard à l'évacuation gastrique, un obstacle
pylorique ou duodénal, une malposition de l'angle de Treitz ou
des premières anses jéjunales.
2.3. Echographie
L'étude du tube digestif par les ultrasons est informative pour
de nombreuses pathologies et le couple ASP-Echographie est préconisé
dans bon nombre de situations où les vomissements sont au premier
plan.
2.3.1. Matériel
L'étude en temps réel doit être faite avec une sonde
de haute fréquence (au moins 7,5 mHz) pour une bonne étude
des parois digestives, des mésos et des ganglions. Les structures
sont souvent très superficielles et une courte focalisation est
indispensable. Le doppler couleur apporte des informations complémentaires
parfois décisives.
2.3.2. Résultat
Tube digestif. Normalement les structures digestives sont identifiées
sous forme d'une cocarde si la coupe est perpendiculaire à leur
axe ou sous forme de couches parallèles si elle lui est perpendiculaire.
Les couches muqueuses et musculeuses des organes sont bien vues, d'épaisseur
régulière. L'hyperéchogénicité de la
muqueuse se confond avec le mucus extra-glandulaire. Au niveau des sphincters,
le revêtement muqueux est moins visible du fait du tonus pariétal.
L'épaississement de la musculeuse sphinctérienne n'est visible
qu'au niveau du sphincter pylorique.
On recherche une excentration de la lumière, un
épaississement pariétal centré ou excentré,
une masse pariétale liquidienne ou pleine.
Sphinters. Normalement au niveau des sphincters l'adossement
muqueux est visible interrompu dans les périodes postprandiales
par le passage du contenu gastrique au travers du pylore toutes les quatre
à cinq contractions et au travers du cardia en cas de régurgitations.
On recherche un estomac plein à jeûn, le défaut
de passage duodénal et le reflux anormalement abondant ou fréquent.
Mésentère. Normalement, le mésentère
est une structure hétérogène, hyperéchogène
contenant des vaisseaux et des ganglions. Les ganglions sont régulièrement
ovalaires, hypoéchogènes, mesurant moins de 10mm. Ils sont
surtout visibles dans le cadran intérieur droit de l'abdomen. Les
vaisseaux mésentériques supérieurs sont identifiables
en avant du rachis et des vaisseaux rétro-péritonéaux
sur une coupe transversale juste au-dessous du tronc coeliaque. La veine
mésentérique supérieure se trouve située sur
le flanc droit, sur le flanc antéro-droit ou devant l'artère
mésentérique. Le trajet des deux vaisseaux est parallèle.
On recherche une hypertrophie ganglionnaire, une situation anormale
de la veine à gauche de l'artère et un enroulement de la
première autour de la secondre.
L'examen échographique doit par ailleurs systématiquement
rechercher un épanchement péritonéal, une anomalie
des gonades, un épanchement pleural, une dilatation des reins ou
des uretères.
2.4. Lavement opaque
2.4.1. Principe
L'opacification du colon et de la dernière anse iléale
permet l'étude morphologique distale du tube digestif et la recherche
d'obstacle organique à ce niveau. Elle permet aussi d'étudier
l'évacuation du recto-sigmoïde et recherche un dysfonctionnement.
2.4.2. Matériel
Un produit de contraste hydrosoluble est systématiquement utilisé
avant l'âge de 6 mois ou en cas de risque d'effraction muqueuse.
Si le produit de contraste est isotonique au plasma il est bien supporté
mais n'a pas d'effet laxatif sur une éventuelle occlusion fonctionnelle.
S'il est hypertonique il peut avoir ce rôle thérapeutique
mais entraîne un risque de déshydratation qu'il faut prendre
en compte.
2.4.3. Résultat
Normalement le colon du nourrisson est tubulé, les haustrations
ne devenant visibles qu'au cours de la deuxième enfance. Il est
long, présentant des flexuosités importantes au niveau du
sigmoïde et des deux angles. La dernière anse iléale
est souvent injectée. Entre trois et sept ans elle est fréquemment
le siège d'irrégularités muqueuses témoins
de l'hyperplasie lymphoïde propre à cet âge.
On recherche un obstacle à la progression du lavement, un obstacle
à son évacuation, un rétrécissement localisé,
un changement de calibre, une irrégularité muqueuse, un
défaut d'injection de l'appendice.
3.1. Les vomissements de cause extra-digestive
Chez le jeune enfant, la faible continence du cardia est responsable
de la fréquence des vomissements associés à des pathologies
multiples et très diverses. Le vomissement est donc un signe très
peu spécifique mais sensible, qui doit faire rechercher des causes
variées: erreur diététique, intoxication, infection,
masse rétro-péritonéale ou masse pelvienne compressive.
Ce n'est qu'après avoir éliminé ces causes qu'on
recherche une anomalie digestive, une malformation primitive de la région
oeso-gastrique un obstacle plus bas situé, responsable de vomissements
aigus ou chroniques.
3.2. Les vomissements habituels, les anomalies de la jonction oeso-gastrique
et la maladie refluante (figure 1)
Normalement le reflux gastro-oesophagien, physiologique au cours des
premiers mois, disparaît à la fin de la première année.
La continence cardiale est progressivement acquise par maturation des
trois composants du système antireflux :
Figure
1 : Malposition cardio-tubérositaires.TOGD. 1.Aspect normal, 2.
Cardia ascensionné, 3. Cardia béant, 4. Petite hernie hiatale,
5. Grande hernie
- l'orifice hiatal, formé de l'entrecroisement des piliers
du diaphragme. Il maintient la grosse tubérosité dans
la cavité abdominale.
- l'adossement du bord gauche de l'oesophage et du bord droit de
la grosse tubérosité entraine l'allongement progressif
d'une portion abdominale de l'oesophage.
- le sphincter inférieur de l'oesophage, responsable d'un
collapsus muqueux crée une barrière au gradient de pression
thoraco-abdominal qui n'est levée que par le péristaltisme
oesophagien ou des contractions gastriques ou pariétales de l'abdomen
violentes.
Dans la maladie refluante, l'incompétence du système antireflux
entraîne des vomissements répétés et abondants.
Elle peut être liée à différentes causes :
- un orifice hiatal anormalement lâche
- une malposition, une béance du cardia.
- un défaut de tonus du sphincter
- un adossement oeso-gastrique insuffisant. L'ascension du cardia peut
faire disparaître la portion abdominale de l'oesophage et entrainer
une portion plus ou moins importante de l'estomac dans le médiastin
postérieur pour former une hernie hiatale.
L'opacification barytée doit être complète,
à la recherche de:
- troubles de la déglutition : fausses routes nasales ou trachéales.
- hypotonie oesophagienne.
- oesophagite : hypotonie de l'oesophage, disparition ou rareté
des ondes primaires et secondaires. Apparition d'ondes tertiaires en piles
d'assiettes. Epaississement du pli. Irrégularité, érosion,
ulcération muqueuses. Dans certains cas endobrachyoesophage avec
aspect en colonne du cardia séparant les muqueuses oesophagiennes
et gastriques.
- malposition cardio-tubérositaire : petit cône d'attraction
des plis gastriques vers l'orifice hiatal. Béance plus ou moins
permanente du cardia. Poche tubérositaire sus-diaphragmatique faisant
saillie au-dessus de la coupole, à distinguer d'une ampoule épiphrénique
normale. Grosse hernie hiatale fixée avec reflux permanent.
- reflux gastro-oesophagien. La recherche est faite en procubitus,
en décubitus et au moment des changements de position. Elle se
fait estomac plein, en fin d'examen. Le transit baryté est en fait
peu sensible pour cette recherche du reflux. Il est concurrencé
par la Phmétrie beaucoup plus sensible et la scintigraphie.
L'échographie est une méthode alternative pour
distinguer le reflux physiologique du reflux pathologique. Elle permet
une bonne étude anatomique et la recherche de hernie hiatale.
Le reflux peut être associé à une sténose
hypertrophique du pylore dans le syndrome de Roviralta. Il peut
être associé à des spasmes de torsion involontaire
de la tête et du cou avec modification posturale dans le syndrome
de Sandifer.
3.3. Les vomissements aigus, la sténose du pylore (figures 2,
3, 4)
Chez le petit nourrisson des vomissements bilieux font évoquer
un obstacle congénital de révélation tardive (cf.
occlusions néonatales):
- sténose duodénale, pancréas annulaire incomplet.
- mésentère commun, volvulus, bride de Ladd.
- veine porte préduodénale, duplication duodénale
ou iléale.
Chez le nourrisson plus grand des vomissements bilieux avec douleur
abdominale font évoquer une pathologie acquise (cf.douleurs abdominales
de l'enfant):
- invagination intestinale aiguë
- appendicite aiguë
- occlusion sur bride
La survenue de vomissements
alimentaires fait évoquer la sténose hypertrophique
du pylore, la dyskinésie antrale, la plicature gastrique, l'ulcère
gastrique, le lactobézoard.
Figure
2 : Dyskinésie antrale.TOGD. L'antre est le plus souvent contracté
(3) avec de rares épisodes de contraction (2
) -distension (4 ) anarchiques
Figure
3 : Sténose hypertrophique du pylore. TOGD. 1. Défilé
pylorique, 2. Empreinte de l'antre gastrique sur l'olive, 3. Hyperpéristaltisme
gastrique
Figure
4 : Sténose hypertrophique du pylore. Echographie. 1. Coupe transversale.
2. Coupe longitudinale. On mesure le diamètre et la longueur
de l'olive pylorique puis l'épaisseur de la musculeuse
3.3.1. La sténose hypertrophique du pylore
C'est l'hypertrophie obstructive des fibres circulaires distales du
sphincter pylorique. Affection très fréquente (5/1000 naissances),
elle est plus fréquente chez le garçon que chez la fille
(5/1). Son étiologie est inconnue.
3.3.1.1. Clinique
Survenue de vomissements alimentaires en jet dix jours à
six semaines après la naissance. L'intervalle libre est retrouvé
constamment à l'interrogatoire. Les vomissements s'aggravent, deviennent
postprandiaux tardifs. La courbe pondérale stagne puis s'infléchit.
L'appétit reste conservé et une constipation
s'installe.
L'examen clinique recherche à la palpation une masse soushépatique,
para-ombilicale droite. Il cherche à jour frisant et après
la prise du biberon des ondulations péristaltiques progressant
depuis la cadran supérieur gauche de l'abdomen vers le flanc droit.
Elles sont d'autant plus nettes que l'enfant est amaigri.
3.3.1.2. Imagerie
Le cliché d'abdomen sans préparation et l'échographie
suffisent le plus souvent au diagnostic.
Abdomen sans préparation de face couché alors que
l'enfant est à jeûn :
- distension gastrique importante occupant la grande partie de la moitié
supérieure de l'abdomen.
- faible aération de l'intestin grêle, témoin de
la tendance à la déshydratation.
Echographie :: elle est réalisée à jeûn
et permet de mettre en évidence, en continuité avec la paroi
antérieure de l'estomac et au voisinage de la vésicule biliaire
une structure digestive anormale. L'image réalisée sur une
coupe transversale par rapport à l'axe du pylore est une cocarde
à centre hyperéchogène (muqueuse) et à couronne
hypoéchogène (musculeuse). Les coupes longitudinales donnent
une image d'olive volumineuse à noyau hyperéchogène.
Il y a un angulation entre la paroi antrale de l'estomac et la paroi de
l'olive pylorique. Le muscle pylorique mesure plus de 3mm d'épaisseur.
L'olive elle-même mesure plus de 10mm d'épaisseur et plus
de 15mm de longueur.
Les passages duodénaux sont rares et par très faible quantité.
Dans la majorité des cas les signes échographiques sont
suffisamment démonstratifs pour affirmer le diagnostic. En cas
de doute, ou bien les signes cliniques sont récents, l'enfant est
bien hydraté et on peut se donner quelques jours avant de répéter
l'examen, ou bien les vomissements sont anciens, l'enfant est amaigri
ou déshydraté et il faut faire un transit baryté
après rééquilibrage hydroélectrolytique.
Transit oeso-gastro-duodénal baryté : la
mise en place d'une sonde oeso-gastrique permet de vider le contenu gastrique
au maximum. Elle est ensuite remontée dans le tiers supérieur
de l'oesophage pour l'injection du produit de contraste. L'examen est
débuté par une étude de l'oesophage face et profil
en décubitus puis l'enfant est placé en procubitus oblique
pour étude du cardia et de la vidange gastrique. On attend le premier
passage du produit de contraste au travers du pylore pour noter son aspect
et l'aspect du cadre duodénal. L'estomac est à nouveau vidé
en fin d'examen.
L'opacification du canal pylorique permet de le noter anormalement long
et étroit, incurvé et marqué par des plis longitudinaux.
L'antre se moule en amont sur le versant gastrique de l'olive. L'estomac
est animé de violentes contractions.
Le diagnostic peut être rendu difficile dans les formes asthéniques
par l'absence de contraction gastrique et antrale, voire par l'absence
de passage pylorique.
3.3.1.3. Traitement
C'est la pylorotomie extra-muqueuse qui permet de libérer l'obstacle
et entraîne la guérison.
3.3.2. La dyskinésie antrale (figure 3)
C'est une anomalie des contractions gastriques dans laquelle l'antre
reste anormalement contractée, indépendamment des ondes
péristaltiques du corps de l'estomac. L'aspect réalisé
simule un canal pylorique anormalement long et l'affection peut être
confondue avec la sténose hypertrophique du pylore. La dyskinésie
antrale est le plus souvent associée à une malposition cardio-tubérositaire
avec reflux, le traitement du reflux libérant le spasme antral.
3.3.2.1. Clinique
Vomissements alimentaires au cours des douze premiers mois de
vie. La perte de poids associée doit faire rechercher un reflux
gastro-oesophagien avec oesophagite peptique.
3.3.2.2. Echographie
L'image de défilé antro-pylorique doit être différenciée
de la sténose du pylore par son caractère moins constant,
la continuité de sa paroi avec la paroi gastrique sans angulation
et surtout les passages duodénaux avec ouverture du défilé
à certains moments.
3.3.2.3. Opacification barytée
Elle met en évidence l'absence de distension et de stase gastrique,
des passages duodénaux francs malgré le spasme antral.
La longueur et la largeur du défilé pylorique sont variables
au cours de l'examen. L'opacification recherche une malposition cardio-tubérositaire,
une oesophagite, un ulcère antro-pylorique.
3.3.2.4. Traitement
Il associe les antispasmodiques et le traitement du reflux gastro-oesophagien
éventuel.
3.3.3. La plicature gastrique (figure 5)
C'est la rotation du corps de l'estomac autour de son axe longitudinal.
Elle amène la grande courbure gastrique au contact du petit épiploon
et rapproche la région antrale du cardia.
Figure
5 : Plicature gastrique. TOGD. Le corps et l'antre sont projetés
sous l'auvent hépatique.
Elle est le plus souvent secondaire à une distension gazeuse
du colon transverse, en particulier au cours des gastroentérites.
3.3.3.1. Clinique
Elle associe des vomissements alimentaires et un ballonnement abdominal
avec ou sans diarrhée.
3.3.3.2. Imagerie
Le cliché d'abdomen sans préparation met en évidence
une distension gastrique et une aération importante du grêle
et du colon sous-jacent avec distension.
L'opacification barytée réalisée l'aspect
classique en cornue. L'estomac est bilobé. La grosse tubérosité
gastrique en situation normale se prolonge par une région antrale
distendue, surélevée de telle sorte qu'elle recouvre la
région du cardia.
3.3.4. L'ulcère
L'ulcère gastrique est moins fréquent chez le nourrisson
que chez le nouveau-né. Il peut être masqué par un
spasme ou une dyskinésie antrale. C'est un diagnostic différentiel
de la sténose hypertrophique du pylore quand il se révèle
par des vomissements. Il peut aussi se révéler par des hémorragies
ou une perforation au péritoine libre.
L'ulcère pylorique peut réaliser une véritable
occlusion. L'échographie permet souvent d'observer un épaississement
pariétal irrégulier avec excentration de la lumière.
Le diagnostic est fait par l'opacification barytée.car la lésion
ulcérée est souvent inaccessible à l'endoscopie en
raison de l'oedème périphérique.
3.3.5. Le lactobézoard
Il crée un obstacle gastrique par accumulation dans l'estomac
d'un magma formé de lait en poudre insuffisamment dilué
ou mal mélangé. C'est la forme la plus "organique" des erreurs
diététiques responsables de vomissements.
Le cliché d'abdomen sans préparation peut mettre
en évidence une opacité arrondie au sein de la poche à
air gastrique, mobilisable selon la position. Elle peut contenir des microbulles
d'air.
L'opacification barytée met en évidence une volumineuse
lacune mobile à l'intérieur de l'estomac. Le cliché
tardif, réalisé après vidange gastrique montre l'imprégnation
de la paroi de cette masse par un film baryté.
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