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TUMEURS OSSEUSES DE L'ENFANT

M. PANUEL Hôpital des Enfants de la Timone - Marseille

Concepts liés 1. INTRODUCTION

Les tumeurs osseuses de l'enfant sont variées; elles représentent différents types histologiques , bénins ou malins, primitifs ou secondaires . On en rapproche les processus dits pseudo-tumoraux dont l'approche diagnostique est identique . Le point de départ peut être de diverses origines : ostéogénique, cartilagineuse, fibreuse, inconnue ou autre (tableau 1) . Les tumeurs malignes sont dominées par l'ostéosarcome ostéogénique ou la tumeur d'Ewing; elles sont approximativement dix fois moins fréquentes que les tumeurs bénignes . Certaines étiologies comme les métastases ou le chondrosarcome sont , contrairement à ce que l'on observe chez l'adulte, rares ou exceptionnelles; de même, le myélome ne se rencontre pas à l'âge pédiatrique . Inversement, d'autres étiologies sont l'apanage du jeune : histiocytose à cellules de Langerhans (granulome éosinophile) , kyste osseux essentiel , kyste anévrysmal ...

 

Tableau 1 : Tumeurs et Pseudo-Tumeurs Osseuses (liste non exhaustive)

 

Note: le nombre de croix donne un ordre croissant de fréquence approximatif , (e): exceptionnel

Les situations cliniques dans lesquelles sont découvertes une tumeur osseuse sont variables . La douleur dont il faudra préciser les caractères ou une tuméfaction d'apparition récente sont les plus fréquentes . La fièvre est exceptionnellement rencontrée (tumeur d'Ewing) . Une découverte fortuite est possible (clichés pour traumatisme , radiographie du thorax ...). Enfin, c'est dans le cadre d'un bilan d'extension d'un processus tumoral ou d'une maladie générale que la ou les lésions osseuses pourront être mises en évidence .

Les différentes techniques d'imagerie occupent une place déterminante dans l'étude des processus tumoraux osseux . Quels que soient les signes d'appel , les clichés simples ont un rôle fondamental:

- mise en évidence de la lésion ,

- base à l'orientation étiologique,

- indication des autres explorations .

Il est indispensable de disposer de clichés d'excellente qualité prenant la totalité du membre associés à des clichés localisés sur la lésion avec différents degrés de rotation . La tomodensitométrie est réservée maintenant à l'exploration des localisations axiales (ceintures , rachis , base du crâne) et , si besoin, à l'étude de la matrice tumorale . La scintigraphie aux dérivés phosphonatés marqués au Technétium 99m avec étude en trois phases est utile pour apprécier la vascularisation de la lésion et la réaction métabolique osseuse; sa spécificité est très faible (excepté pour l'ostéome ostéoïde) . L'IRM est indispensable pour déterminer l'extension loco-régionale des processus tumoraux; elle est de plus très utile à l'évaluation de la réponse à la chimiothérapie des tumeurs malignes .

Si la biopsie osseuse est souvent nécessaire pour poser le diagnostic précis de la lésion , l'analyse des données de l'imagerie confrontées aux données cliniques (âge , en particulier) permet de réduire dans la plupart des cas les hypothèses à un petit nombre, voire à un seul diagnostic . Si la biopsie s'avère indispensable , elle ne sera pratiquée qu'après les explorations d'imagerie. En dehors du type même de la tumeur , le diagnostic se pose souvent avec les lésions infectieuses ou certains processus post-traumatiques .

2. ELEMENTS D'ORIENTATION ETIOLOGIQUE

Plusieurs éléments doivent être envisagés:

- la morphologie de la lésion ,

- sa topographie,

- le nombre de lésions ,

- l'âge de découverte .

Concepts liés 2.1. Morphologie de la lésion

L'analyse de la morphologie de la lésion porte sur la taille , la position de la lésion dans un plan transversal , la réaction de l'os , l'état de la corticale, la réaction du périoste , la matrice tumorale et les parties molles adjacentes . Il faut impérativement apprécier l'agressivité de la lésion .

*Taille de la lésion : schématiquement, une lésion de plus de 6 centimètres de long est le plus souvent maligne , mais cette règle est loin d'être absolue .

* Position de la lésion dans un plan transversal : la position du centre de la lésion peut être déterminée si la lésion n'est pas trop volumineuse . On distingue les lésions centrales , excentrées, corticales ou juxtacorticales. Cette distinction peut être utile au diagnostic (tableau 2).

 

Tableau 2 - Quelques étiologies selon la position de la lésion dans un plan transversal

* Réaction de l'os : elle peut être ostéolytique, condensante ou mixte.

L'ostéolyse peut être géographique (type I de Lodwick) , mitée (type II) ou ponctuée (type III) . L'ostéolyse géographique correspond à une destruction osseuse d'un seul tenant; selon les limites de cette ostéolyse , on distingue le type IA avec sclérose marginale, le type IB sans sclérose marginale mais à limites nettes et le type IC à limites floues .L'ostéolyse mitée est caractérisée par la juxtaposition et parfois la confluence de lacunes de plus de 5 mm de diamètre . L'ostéolyse ponctuée correspond à de multiples lacunes corticales de petite taille . Ces différents types peuvent être associés. (Tableau 3)

La réaction condensante peut répondre à plusieurs mécanismes dont l'association est possible : ostéocondensation péri-ostéolytique (IA), stimulation ostéoblastique, nécrose osseuse , matrice tumorale ostéogénique . La combinaison de réaction lytique et condensante est aussi possible .

* Etat de la corticale: la corticale peut être intacte, lysée, érodée sur sa face interne ("scalloping endostéal") , sur sa face externe ou présenter un trouble du modelage d'origine périostée .

* Réaction périostée : sa présence traduit une ostéogénèse réactionnelle lorsque la lésion atteint le périoste . Sa morphologie dépend de la vitesse d'évolution du processus causal . On distingue les appositions périostées spiculaires, perpendiculaires à la corticale, les appositions lamellaires parallèles à la corticale, uniques ou multiples , fines ou épaisses. Les appositions périostées peuvent être interrompues réalisant en périphérie l'éperon de Codman. Une apposition épaisse et longitudinale témoigne d'un processus lentement évolutif; inversement , des appositions fines, une spiculation, une interruption sont en

 

Tableau 3 - Quelques étiologies selon l'aspect de la réaction osseuse

Note: Plusieurs lésions peuvent avoir des présentations différentes

faveur d'un processus agressif . Une orientation étiologique grossière est possible devant la morphologie de l'apposition périostée (Tableau 4) .

 

Tableau 4 - Différentes réactions périostées et principales étiologies

* Matrice tumorale : l'analyse de la matrice tumorale peut apporter des éléments d'orientation étiologique . La nature cartilagineuse d'une lésion se caractérise par la présence de calcifications lobulées ("en pop-corn") ou arciformes . La constatation de niveaux liquides se fait dans diverses lésions : kyste anévrysmal (++) , kyste osseux essentiel fracturé , ostéosarcome télangiectasique, ostéoblastome, tumeur à cellules géantes , hémangiome osseux , ostéomyélite ...

* Parties molles adjacentes : l'extension dans les parties molles correspond à diverses circonstances . On distingue le développement exo-osseux exclusif (ostéochondrome , sarcome parostéal , certains kystes anévrysmaux ...) et le développement accompagné d'une atteinte endo-osseuse (tumeur d'Ewing , ostéosarcome, kyste anévrysmal , ostéoblastome...). Il s'agit dans ce dernier cas d'un caractère d'agressivité , d'autant plus que l'extension est concentrique .

Au terme de cette analyse, on peut différencier:

- Lésion lentement évolutive : ostéolyse type IA , trouble du modelage osseux; hyperostose corticale ou apposition périostée unilamellaire épaisse .

- Lésion intermédiaire : ostéolyse type IB; appositions périostées fines , plurilamellaires continues.

- Lésion rapidement évolutive : ostéolyse type IC , II ou III; appositions périostées rompues ou spiculaires; envahissement des parties molles .

Concepts liés 2.2. Topographie de la lésion

La topographie de la lésion sur un os long ou sur un os plat peut donner une orientation étiologique .

* Epiphyse

- chondroblastome et tumeur à cellules géantes , mais aussi granulome éosinophile et infection .

* Métaphyse

- pas d'orientation possible , prés d'un tiers des lésions , quelque soit le type, sont métaphysaires fémorales inférieures ou tibiales supérieures; 80% des ostéosarcomes siègent près du genou .

* Diaphyse

- tumeur d'Ewing , métastase mais aussi processus infectieux .

* Os plat (côte ou aile iliaque)

- tumeur d'Ewing , granulome éosinophile , métastase , chondrome et chondrosarcome (aile iliaque) , kyste anévrysmal et processus infectieux .

* Rachis

- corps vertébral: granulome éosinophile , tumeur d'Ewing , métastase , angiome;

- arc postérieur: ostéoblastome, kyste anévrysmal;

- base du crâne et sacrum : siège de prédilection du chordome .

Concepts liés 2.3. Nombre de lésions

Des lésions osseuses tumorales multiples se rencontrent dans diverses circonstances : ostéochondromes , chondromes , granulome éosinophile , métastases , exceptionnellement tumeur d'Ewing métastatique d'emblée ou ostéosarcome multifocal .

Concepts liés 2.4. Age de découverte

Avant l'âge de 5 ans , une lésion agressive est le plus souvent une métastase de neuroblastome , un granulome éosinophile , plus rarement une tumeur d'Ewing , exceptionnellement un fibrosarcome. Penser chez le nourrisson aux formes monostotiques d'hyperostose corticale infantile (omoplate , aile iliaque) .

Au-delà de l'âge de 5 ans , une lésion agressive est plutôt une tumeur d'Ewing ou un ostéosarcome .

La tumeur à cellules géantes ne survient en règle qu'après le milieu de la 2ème décade .

Concepts liés 2.5. Au total

Au terme de cette première analyse, trois situations schématiques sont possibles :

- Lésion d'allure bénigne certaine (biopsie à visée diagnostique inutile , mais quelquefois geste chirurgical nécessaire : exostose avec compression sur les structures voisines , kyste osseux en zone portante , exérèse...).

- Lésion d'allure agressive avec comme première hypothèse une tumeur maligne (biopsie chirurgicale indispensable à réaliser après le bilan complet d'imagerie) .

- Diagnostic hésitant : s'inscrivent dans ce cadre, les lésions présentant un caractère évolutif intermédiaire (cf supra) ou les lésions mal explorées par les clichés simples .

La stratégie d'exploration peut se résumer dans le tableau suivant:

3. PRINCIPALES ETIOLOGIES

Concepts liés 3.1. Lésions bénignes

3.1.1. Lacune fibreuse corticale (cortical défect) , fibrome non ossifiant et desmoïde périosté

Ce sont des anomalies très fréquentes. La lacune fibreuse corticale n'est jamais symptomatique . L'aspect radiologique est caractéristique : lésion métaphysaire corticale , de petite taille , à limites nettes et liseré d'ostéocondensation. La disparition spontanée est possible ou l'évolution peut se faire vers le fibrome non ossifiant . L'aspect de celui-ci est identique à celui de la lacune corticale , de taille plus importante , supérieure à 3 cm , révélé dans un tiers des cas par une fracture .

Le desmoïde périosté est une lésion de même nature . Il se rencontre le plus souvent chez les garçons entre 10 et 15 ans , de façon bilatérale dans un tiers des cas . Sa topographie est particulière : insertion du grand pectoral sur l'humérus, partie postérieure du condyle fémoral interne, au dessus du tubercule des adducteurs . La possibilité de petites appositions périostées perpendiculaires peut poser un problème diagnostique (non réglé par la scintigraphie) avec une lésion maligne : mais la topographie et l'absence de symptomatologie voire une surveillance rapprochée permettent de confirmer la bénignité de la lésion .

3.1.2. Ostéome ostéoïde

Le contexte peut être évocateur: douleurs osseuses nocturnes ,traînantes, calmées par les salicylés . L'aspect radiologique est celui d'hyperostose réactionnelle intense masquant souvent la lacune du nidus (qui est la lésion) . Le diagnostic se fait par la scintigraphie osseuse : hyperfixation précoce, intense et localisée. La TDM est utile dans certains cas :

- rachis , pour localiser le nidus au milieu de la condensation qui peut déborder sur les arcs postérieurs adjacents;

- localisations articulaires , où la réaction condensante peut être à distance du nidus;

- os ronds ou à formes complexes (bassin) , pour orienter la voie d'abord chirurgicale . La TDM peut aussi guider l'exérèse percutanée .

3.1.3. Ostéochondrome ou exostose

C'est une lésion fréquente , révélée par la palpation, ou de découverte fortuite; isolée le plus souvent , ou multiple dans le cadre d'une maladie exostosante . Il s'agit d'une formation ostéo-cartilagineuse à base osseuse large (sessile) ou étroite (pédiculée) , recouverte d'une coiffe cartilagineuse.L'ostéochondrome peut siéger sur n'importe quel os à croissance enchondrale , de siège métaphysaire sur les os longs , orienté vers la diaphyse. Aspect radiologique important : continuité du cortex de l'os atteint et de l'exostose . Le risque de dégénérescence en chondrosarcome est exceptionnel à l'âge pédiatrique et survient plutôt en cas de maladie exostosante ou de localisation iliaque ou rachidienne .

3.1.4. Chondrome

Lésion d'origine cartilagineuse , le chondrome se présente comme une lacune lobulée , de topographie le plus souvent centrale (mais chondrome périosté possible) , refoulant et amincissant la corticale, sans réaction périostée (en l'absence de fracture) , avec calcifications floconneuses évocatrices dans 50% des cas . La main est atteinte dans la moitié des cas .


3.1.5. Kyste essentiel

Le kyste osseux essentiel est asymptomatique en dehors de la survenue de fracture (2/3 des cas) , plus fréquente chez le garçon, après l'âge de 3 ans . Son aspect et sa topographie sont très évocateurs. Il s'agit d'une lacune ovoïde de contours nets, avec pseudo-cloisons par crêtes pariétales; un remodelage osseux est possible . Le contenu est de type liquidien (TDM) , parfois hémorragique avec apposition périosté en cas de fracture . La lésion est centrée , métaphysaire au contact du cartilage de croissance , humérale supérieure (50% des cas) , fémorale supérieure (25% des cas); une migration diaphysaire se fait avec la croissance , quand le kyste n'est plus actif .

Concepts liés 3.2. Lésions malignes

3.2.1. Tumeurs malignes primitives

Les chimiothérapies lourdes et la chirurgie conservatrice permettent une amélioration du pronostic des tumeurs malignes primitives des os chez l'enfant . Le pronostic global à 5 ans est de plus de 50% pour la tumeur d'Ewing et environ 70 % pour l'ostéosarcome . Le bilan d'extension loco-régionale , réalisé avant la biopsie , est fait par IRM , et doit préciser la limite de l'extension intra-médullaire , en particulier par rapport à l'épiphyse et l'importance de l'extension aux parties molles . Au delà du bilan initial, l'imagerie a un rôle fondamental dans l'appréciation de l'efficacité thérapeutique . Le chondrosarcome , l'adamantinome , le fibrosarcome, l'histiocytofibrome malin peuvent survenir dans la deuxième décade mais sont exceptionnels .


3.2.1.1. Ostéosarcome ostéogénique

C'est la plus fréquente des tumeurs malignes de l'enfant . Plusieurs aspects sont possibles: ostéocondensant, ostéolytique ou mixte. Dans près de 80% des cas, la lésion touche la métaphyse fémorale inférieure ou tibiale supérieure . Cette tumeur présente quelques particularités :

- localisations médullaires à distance possibles dans la même diaphyse (skip métastases) , leur identification est essentielle pour déterminer le niveau de la résection osseuse;

- métastases pulmonaires fréquentes , pouvant se calcifier ou s'excaver;

- métastases osseuses rares .

Parmi les nombreuses formes anatomo-pathologiques , citons:

- ostéosarcome périostéal: tumeur développée entre périoste et corticale , avec médullaire souvent normale;

- sarcome parostéal : développé dans les parties molles en regard d'une corticale normale à laquelle il n'est rattaché que par un pont osseux .


3.2.1.2.Tumeur d'Ewing

Il s'agit d'une tumeur d'origine neuro-ectodermique , touchant l'enfant à un âge un peu plus précoce que l'ostéosarcome . On distingue deux types de localisations: os longs et os plats . Sur les os longs (40% des cas) , la diaphyse est plus souvent atteinte que la métaphyse . Le bilan d'extension est le même que pour l'ostéosarcome . Sur les os plats (60% des cas) , les localisations préférentielles sont l'aile iliaque et les côtes . Le contingent tumoral tissulaire extra-osseux peut être volumineux avec atteinte osseuse très discrète , voire invisible. Les métastases peuvent être pulmonaires , osseuses ou médullaires (moelle hématopoïétique) .

3.2.2. Métastases osseuses

Chez l'enfant , les métastases osseuses sont relativement rares; elles surviennent dans le neuroblastome , le rhabdomyosarcome , l'exceptionnel sarcome du rein , les tumeurs osseuses malignes primitives et le rétinoblastome . Leur découverte se fait dans deux circonstances: bilan d'extension d'une tumeur connue par scintigraphie , douleur localisée motivant une exploration radiologique . La topographie est très variée . L'aspect radiologique est pratiquement dans tous les cas celui d'une lésion agressive .

Concepts liés 3.3. Lésions agressives non malignes

Certaines étiologies bien qu'histologiquement bénignes peuvent présenter un aspect radiologique agressif .

3.3.1. Granulome éosinophile

Localisation osseuse unique ou multiple de l'histiocytose à cellules de Langerhans (histiocytose X) , le granulome éosinophile se manifeste toujours par une ostéolyse mais avec des degrés très variables d'agressivité . L'IRM a permis de montrer que la réaction dans les parties molles adjacentes peut être très importante . Crâne , fémur, rachis (vertebra plana) , bassin sont les localisations les plus fréquentes.

3.3.2. Kyste anévrysmal

Le kyste anévrysmal est une lésion kystique composée de plusieurs cavités hématiques séparées par des septa d'épaisseur variable . Cette lésion est souvent très expansive; elle touche les os longs et les os plats (bassin , rachis , arc postérieur surtout). Le kyste anévrysmal peut être primitif ou associé à une tumeur bénigne ou maligne adjacente .

3.3.3. Ostéoblastome

Son histologie est la même que celle de l'ostéome ostéoïde mais son volume est plus important . Son caractère expansif est responsable de son aspect agressif . Il touche souvent le rachis sur l'arc postérieur . Par l'étude de la matrice tumorale , la TDM permet la différenciation avec le kyste anévrysmal .

3.3.4. Chondroblastome

Tumeur cartilagineuse bénigne , le chondroblastome est très particulier par sa topographie épiphysaire ou épiphyso-métaphysaire et son caractère lytique , parfois très expansif. Des calcifications témoignant de la nature cartilagineuse sont reconnues dans plus de 50% des cas . En raison de la topographie et du caractère lytique , le diagnostic peut se poser avec la tumeur à cellules géantes , mais celle-ci est exceptionnelle .

3.3.5. Diagnostic différentiel

Dans ce cadre, le diagnostic différentiel se pose avec les lésions de nature infectieuse , les lésions de nature post-traumatique (fracture de fatigue , cal hypertrophique, arrachements apophysaires répétitifs, hématome sous-périosté) et la myosite ossifiante circonscrite dont la nature post-traumatique n'est pas toujours retrouvée .

La myosite ossifiante circonscrite se traduit par une tuméfaction douloureuse et parfois fébrile , touchant la cuisse , le bras , le bassin et les métacarpiens ou métatarsiens plus rarement . Elle se caractérise par des calcifications juxtaosseuses associées souvent à une apposition périostée . Eléments diagnostiques importants: calcifications prédominant en périphérie et d'évolution rapide . Il ne faut pas confondre cette lésion bénigne avec un ostéosarcome parostéal ou une tumeur d'Ewing . Le diagnostic histologique avec l'ostéosarcome parostéal peut être difficile , ceci donnant toute sa valeur à l'étude radiologique .

Concepts liés 4. BIBLIOGRAPHIE

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